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mercredi 16 août 2017

[L'étagère dystopique] La Sélection t1 - Kiera Cass

360 pages (Editions Robert Laffont – collection R) – 5/5



Trois cent ans ont passé et les États-Unis ont sombré dans l'oubli. De leurs ruines est née Illea, une monarchie de castes. Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne.
Elles sont trente-cinq jeunes filles: la "Sélection" s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du prince Maxon, l'héritier du trône.
Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l’œil des caméras...
Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés...


« Quelque part dans ce palais, il y a une jeune fille que vous allez épouser.
Peut-être ne savez-vous pas encore à quoi elle ressemble, mais pensez aux candidates dans cette pièce. Imaginez celle qui vous aime plus que toutes les autres.
Imaginez celle qui vous sera la plus chère. »


En bref... cet univers dystopique est vraiment original, moins cruel que la majorité. Les personnages sont attachants et l’histoire m’a émerveillée ! Un agréable moment dans un décor enchanté, un véritable coup de cœur !


Peu importe le nombre de fois que je relis ce livre, j’aime toujours autant me plonger dans cet univers ! Les pages se tournent à une vitesse incroyable, sans qu’à aucun moment je ne ressente de l’ennui ou des longueurs. Au début certes, l’intrigue met un peu de temps à s’installer, lorsqu’elle est encore dans sa province, alors que l’on sait d’avance qu’America fera partie de la Sélection – la logique et la quatrième de couverture auront déjà trahi cette nouvelle. Mais, par la suite, les divers événements et rencontres avec le prince ponctuent le roman,  chacune unique et soit drôle, soit touchante, parfois même les deux.

La dystopie n’est pas très présente dans ce tome, ce qui en fait une lecture légère, sans prise de tête que j’adore relire. Le côté dystopique de la série s’étoffe au fil des tomes, mais ce premier reste mon préféré : j’aime la personnalité d’America et son indécision qui n’est pas encore agaçante, ainsi que le côté télé-réalité qui, comme vous le savez, est un sujet dont je raffole en littérature. Donc, certes, la série dans son intégralité est une dystopie, ce tome-ci est surtout une romance jeunesse dans un décor de conte de fées ! Malgré tout, on voit tout de suite le côté désanchanté de l’univers : d’un côté, on voit la royauté mais, de l’autre, les trente-cinq jeunes filles sont issues du peuple et des différentes castes qui le composent, chaque caste déterminant la vie menée par ses partisans. Dès le début, le système des castes est brièvement expliqué, ce qui fait qu’on entre vite dans l’univers. Il y a aussi une intrigue qui n’est que secondaire à ce stade, montrant une résistance au système en place, sous la forme des groupes de Renégats.

Concernant les personnages, America est adorable et vraiment drôle. Il est facile de s’attacher à elle, d’abord parce que le récit se fait de son point de vue et l’on comprend tout ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense ; de plus, son honnêteté, sa sincérité et sa simplicité sont une vraie bouffée d’air vrai dans l’ambiance un peu empesée du palais, la tension de la compétition, surtout à ce stade où les filles ne se connaissent pas encore véritablement. On comprend vite qu’elle est partagée entre son ancien amour pour Aspen et son amour naissant pour Maxon. En effet, on fait la connaissance d’America avant qu’elle ne fasse partie de la Sélection, nous permettant de rencontrer Aspen. Quand America rencontre Maxon, de façon explosive qui représente bien son tempérament, on s’attache rapidement au duo ; Maxon reste assez mystérieux, bien qu’on le sente réellement épris d’America. Néanmoins, l’histoire entre America et Aspen continue en parallèle, et on oublie tout ce qui se passe avec Maxon tellement Aspen se montre attentionné et possessif envers la jeune femme. Mais, après plusieurs relectures, j’avoue que je commence à avoir une nette préférence pour Maxon ; les moments dans lesquels il apparaît sont plus doux, alors qu’il est trahi en quelque sorte par America et Aspen. Les autres Sélectionnées font également leur apparition ; il y a plein de noms, de personnalités différentes, de présentations avec leur caste et on s’y perd un peu au début (plus maintenant, hein !), mais de toute façon, on se laisse emporter par l’euphorie générale, et cela n’est pas réellement gênant...

C’est une saga que je ne peux que vous conseiller, tellement tout me plaît dedans, et ce malgré un triangle amoureux, chose qui ne m’enchante pas habituellement !

mercredi 2 août 2017

[L'étagère futuriste] Phobos t2 - Victor Dixen

490 pages (Editions Robert Laffont – collection R) - 5/5


Reprise de la chaïne Genesis dans 3 secondes... 2 secondes... 1 seconde...

Ils croyaient maîtriser leur destin.
Ils sont les douze pionniers du programme Genesis.
Ils pensaient avoir tiré un trait sur leur vie d'avant pour devenir les héros de la plus fabuleuse des odyssées.
En réalité, ils sont les victimes de la plus cruelle des machinations.
Elle croyait maîtriser ses sentiments. 
Sur Mars, Léonor espérait trouver la gloire et, pourquoi pas, l'amour.
Elle pensait pouvoir ouvrir son coeur sans danger.
En réalité, elle a ouvert la boîte de Pandore du passé.
Même si les souvenirs tournent au supplice, il est trop tard pour oublier.


« Même dans les situations les plus difficiles, il reste toujours un espoir.
Même dans les mines les plus asséchées, il reste toujours une pépite. »


En bref... encore un coup de maître pour Victor Dixen qui a réussi à m’emporter dans un autre univers : celui de la vie sur Mars. Les personnages m’ont toujours émue, on en apprend un peu plus sur eux, mais ils restent encore mystérieux. De nombreuses révélations voient le jour et le suspense insoutenable est toujours présent. Encore un coup de cœur pour ce deuxième tome, bien que j’aie préféré le premier !


J’avais vraiment hâte de commencer ce deuxième tome tellement j’avais aimé le premier, et je n’ai pas été déçue. L’univers est complètement différent. On retrouve bien les personnages au moment de l’intrigue où le lecteur les avait laissés ; ayant lu ce second tome dans la foulée du premier, je n’ai pas été perdue, ce qui peut être le cas pour une personne ayant fait une pause entre les deux tomes, je pense. Bref, tout de suite plongés au cœur de l’intrigue, on retrouve la tension, le suspense. La décision qu’ils prennent à ce moment-là est prévisible, mais bon, il faut bien que l’histoire se poursuive ! Descente sur Mars donc et découverte des habitats, donc. J’ai beaucoup aimé la façon dont ils s’aventurent dans leur nouvel environnement : leur comportement est prudent, ils ne prennent pas de risque inutile et ils sont méfiants, maintenant qu’ils connaissent le vrai visage de Serena, que le lecteur n’a jamais ignoré, lui.

L’intrigue se poursuit, avec des surprises, des révélations, des bonnes découvertes. J’avoue que j’ai préféré l’univers de la capsule spatiale, à bord du Cupido, mais ce deuxième tome est tout aussi intéressant. L’écriture a perdu de sa surprise, mais pas de son charme. En revanche, c’est la fin qui, à l’instar du tome précédent, nous laisse sur un cliffhanger, tout en se renouvelant : si le suspense à la fin du premier tome concernait l’intrigue, ici, elle fait plutôt référence aux personnages, à leurs émotions et à leurs relations.

Cela s’explique par le fait que ce tome-ci permet d’approfondir notre conception des couples – le choix de Léonor a été sans surprise pour moi, et m’a réjouie (vous connaissez mon avis là-dessus...) ! L’un des couples les plus intéressants est sans conteste Kris et Alexeï ; dans le premier tome, il se sont rapidement trouvés, mais l’on ne connaissait pas particulièrement leur intimité. A présent, on connaît les rapports qu’ils entretiennent, et j’ai hâte de voir comment ceux-ci vont évoluer dans les tomes suivants. Alors que je trouvais Alexeï très mystérieux dans le premier tome, on sent vite sa personnalité autoritaire, possessive et jalouse dans celui-ci ; en revanche, Kris me semblait avoir plus de caractère que cela, et son comportement m’a un peu étonnée (j’ai presque été déçue à certains moments). Mozart est un personnage intéressant, qui me plaît bien, que j’espère découvrir davantage par la suite ; j’apprécie particulièrement sa sincérité. Les autres pionniers ne me plaisent que moyennement, surtout que je n’ai pas eu l’impression de les découvrir davantage...

Je dois évidemment revenir sur les personnages de Léonor et Marcus. Je les adore, tout simplement ; Léorcus est probablement un de mes couples littéraires préférés ! Leur évolution est en même temps paisible et abrupte ; elle est continue, ils sont faits pour être ensemble, mais l’on sent bien qu’ils se cherchent encore à certains moments. En tout cas, comme le public resté sur Terre, ils m’ont fait rêver !

Un mot concernant les trois autres personnages principaux. Serena est toujours aussi machiavélique ; on ne comprend pas encore toutes ses motivations, mais elle est constante dans ses intentions. Alors que je n’avais pas vraiment aimé le personnage d’Andrew dans le premier tome, j’ai été étonnamment séduite par le duo qu’il forme avec Harmony ; on sent chez lui sa volonté de protéger la fragile jeune fille, et c’est vraiment touchant !

J’ai vraiment hâte de découvrir la suite des aventures des pionniers sur Mars (ou un éventuel retour sur Terre ?) dans le tome 3 ! Auparavant, je pense que je lirai Les Origines – tout simplement parce qu’il est paru avant le tome 3, mais rien n’indique l’ordre dans lequel lire les différents tomes–, qui relate le premier tome du point de vue des garçons ; j’espère vraiment pouvoir mieux les comprendre ainsi !

mardi 18 juillet 2017

[L'étagère romantique] After t1 - Anna Todd

594 pages (Editions Hugo & Cie – collection New Romance) - 5/5



Tessa est une jeune fille ambitieuse, volontaire, réservée. Elle contrôle sa vie. Son petit ami Noah est le gendre idéal. Celui que sa mère adore, celui qui ne fera pas de vagues. Son avenir est tout tracé : de belles études, un bon job à la clé, un mariage heureux… Mais ça, c’était avant qu’il ne ne la bouscule dans le dortoir. Lui, c’est Hardin, bad boy, sexy, tatoué, piercé, avec un  « p… d’accent anglais !  » Il est grossier, provocateur et cruel, bref, il est le type le plus détestable que Tessa ait jamais croisé.

Et pourtant, le jour où elle se retrouve seule avec lui, elle perd tout contrôle… Cet homme ingérable, au caractère sombre, la repousse sans cesse, mais il fait naître en elle une passion sans limites. Une passion qui, contre toute attente, semble réciproque… Initiation, sexe, jalousie, mensonges, entre Tessa et Hardin est-ce une histoire destructrice ou un amour absolu ?


« En dépit du chaos qui vient juste de bouleverser ma chambre, je me sens calme.
C’est comme dans un rêve. Quelque part, je sais que c’est le calme avant la tempête,
mais pour le moment Hardin est mon ancre.
Je prie seulement pour qu’il ne m’entraîne pas au fond. »


En bref... Malgré une histoire marquée par quelques clichés, After est un véritable coup de cœur ! L’histoire m’a complètement emportée et les personnages m’ont bouleversée, jusqu’à la fin et l’ultime révélation. Un tome à lire et à relire – il s’agit de mon préféré !


C’est à l’occasion d’une énième relecture que j’écris cette chronique. After est la saga qui m’a fait découvrir la romance new adult. J’ai tout d’abord eu peur de tomber dans quelque chose du genre Fifty shades, mais pas du tout ! Si l’histoire est un peu stéréotypée, elle parvient à dépasser cela et emporte le lecteur au cœur de l’université et de ses tumultes. On rencontre d’abord Tessa qui fait son entrée à l’université et qui rencontre une bande d’étudiants qui ne correspondent pas à ses fréquentations habituelles – tel son parfait petit ami. Evidemment, elle finit par tomber amoureuse du bad boy...

Schéma traditionnel, mais After a tellement plus à apporter : derrière tous les stéréotypes, les personnages sont profonds, ce qui permet de véritablement s’attacher à eux, que ce soit Tessa, Hardin, Landon, voire même Noah (mais je suis une Hessa shipper, ne vous inquiétez pas !)... et je suis passée par toutes sortes d’émotions à travers eux. Tessa est attachante ; certes, sa rencontre avec Hardin va permettre de nettement la libérer, on arrive facilement à s’attacher à elle dans ce tome, malgré sa naïveté effarante à certains moments. Hardin est un peu prévisible dans son côté imprévisible : on sait qu’il va toujours s’énerver, blesser Tessa, avant d’être étonnamment doux et attentionné envers elle ; il n’empêche que lui aussi est attachant. Landon est l’ami gentil : dans ce tome, on a l’impression qu’il peut encore être approfondi, que l’on ne sait pas grand chose de lui ; il est un peu plus pâle que Tessa et Hardin – mais c’est normal me direz-vous ! Les autres personnages sont plus secondaires, je les ai plus ou moins aimés, ou bien je n’ai pas réellement d’avis sur eux.

Pour ne pas vous spoiler, je ne peux trop vous parler de l’intrigue. J’ai été totalement surprise du dénouement ; je ne m’y attendais pas du tout mais, après relecture, on se rend compte que des indices sont égrenés tout au long du livre, et la révélation ne tombe pas au hasard. On reste également sur un bon cliffhanger, qui donne bien envie d’enchaîner immédiatement avec le suivant.

C’est d’ailleurs le cas pendant tout le livre : il y a du suspense entre les différentes scènes. On ne cesse d’attendre de voir comment leur relation va évoluer, surtout que le prologue laisse envisager quelque chose de dramatiquement bouleversant...  C’est vraiment difficile de lâcher ce livre, et ce même en connaissant l’histoire ! Cela est également dû à l’écriture d’Anna Todd, très fluide, qui fait d’After un réel pageturner...

Si l’intrigue se centre sur la relation entre Tessa et Hardin, j’ai beaucoup aimé les scènes dans lesquelles Tessa se confronte à sa mère, qui traduisent son émancipation. En plus, le fait que de nombreux personnages gravitent autour d’eux permet vraiment d’élargir l’intrigue et d’être plus qu’une simple romance.

Une adaptation cinématographique est prévue, avec un script en cours d’écriture. J’espère vraiment qu’elle aura lieu, car il y a matière à faire un film. Cependant, j’espère ne pas être déçue quant au choix des acteurs (avez-vous des idées ?), car, dans le livre, ils sont très marqués, décrits aussi bien physiquement que psychologiquement.

dimanche 25 juin 2017

[L'étagère à univers] Prince captif t3 - C.S. Pacat

416 pages (Editions Milady – collection Littérature) - 4.5/5

ATTENTION : le résumé contient des spoilers (mais pas la chronique) !



Deux princes, une seule guerre.
La vérité a été révélée, et Damen, l’esclave du prince Laurent, doit faire place à Damianos, prince héritier d’Akielos, l’homme que Laurent a juré de tuer.
L’avenir de deux royaumes est en jeu. Cernés par l’armée de Kastor au sud et les forces du régent au nord, Damen et Laurent n’ont d’autre choix que s’allier pour reconquérir leurs trônes respectifs. Mais même si la fragile confiance qu’ils partagent résiste à la révélation de la véritable identité de Damen, celle-ci suffira-t-elle pour venir à bout de la dernière et plus impitoyable manigance du régent ?



« Tout gagner et tout perdre en l'espace d'un instant.
Tel est le sort de tous les princes destinés au trône. »


En bref... ce dernier tome est le meilleur de la trilogie, qu’il clôture parfaitement ! Tout ce qui m’avait encore gênée dans le tome précédent a été résolu ; les personnages sont encore plus attachants, et Damen prend une véritable place. Il se laisse moins dominer, même si Laurent est toujours celui qui tient les rênes, à mon plus grand plaisir.


A peine le deuxième tome terminé, j’ai débuté la lecture de celui-ci : cette saga est vraiment un coup de cœur ! Pour en faire un petit bilan, le premier tome m’avait séduite, mais sans plus, le deuxième tome avait été un coup de cœur, même si quelques éléments me manquaient toujours, et le troisième et dernier tome m’a complètement conquise ! Il est rare que j’apprécie plus les tomes suivants que le premier, mais cette trilogie forme véritablement un tout ; elle va crescendo parce que l’on intègre l’intimité et la psychologie des personnages au fil des tomes ; le lecteur en apprend sur eux en même temps qu’ils se découvrent entre eux ou en eux, et donc certaines émotions et révélations ne peuvent se produire dès le premier tome, ce que je n’ai compris qu’à la lumière de la saga dans son intégralité...

Pour cette raison, il peut-être intéressant de lire tous les tomes les uns après les autres, sans coupure ; l’intrigue ne fait pas de pause entre les tomes, mais reprend exactement là où on l’a laissée à la fin du tome précédent. C’est le cas pour ce tome 3 où Damen est censé rejoindre Laurent pour mettre en œuvre le plan qu’ils ont imaginé dans le tome 2 afin de contrer l’oncle de Laurent. Etant séparés, dans des circonstances ne leur permettant pas de se rejoindre immédiatement, le début est un peu long malgré l’action car, vous l’aurez compris dans mon avis du tome précédent, la relation entre Laurent et Damen est ce qui m’a le plus attirée. La surprise est alors néanmoins que quelques scènes se déroulent du point de vue de Laurent ; alors que l’on avait appris à le connaître à travers les yeux de Damen, on entre complètement dans sa tête : il perd -malheureusement- une part de son mystère et pourtant, il dévoile certains traits de sa personnalité, insoupçonnés jusque-là. Je n’ai pas réussi à déterminer s’il les avait cachés depuis le début, ou s’il avait acquis cette sorte de sauvagerie par le contact avec Damen.

La suite de l’intrigue concerne la lutte contre l’oncle de Laurent ; je peux d’ores et déjà vous dire qu’elle résout bien tous les conflits latents depuis le premier tome. En revanche, est insérée ici une intrigue secondaire concernant Jokaste et l’enfant qu’elle attend, et je dois dire que je n’en ai pas vu l’utilité, notamment au vu du dénouement.

Mais, encore dans ce tome, c’est surtout la relation Lauren-Damen qui m’a intriguée. On les trouve ici égaux et sans filtre ; pour autant, ils sont moins intimes et complices. Les réserves, couplées aux révélations, donnent un air de vraisemblance à leur relation. C’est un nouvel équilibre qui s’installe et, même s’ils se connaissent déjà bien, on a l’impression qu’ils ont tout à réapprendre l’un de l’autre ! Individuellement, j’ai toujours préféré Laurent, d’autant qu’il était encore moins distant, énigmatique, mais aussi moins parfait : il montre des failles dans son armure, ce qui le rend véritablement humain, et non comme le dieu blond auréolé du premier tome. Damen a également évolué ; il a véritablement son mot à dire et prend des initiatives parfois salutaires pour tous. Je crois que c’est l’un des couples de littérature que je préfère ! Etonnamment, je viens de me rendre compte que l’oncle de Laurent qui a un rôle important est toujours dénommé ainsi : l’oncle de Laurent, sans identité propre, distincte de Laurent... ça me laisse de quoi réfléchir !

J’ai adoré retrouver dans ce tome toutes les émotions du tome précédent, voire même davantage, comme la jalousie, la rivalité même mais toujours avec une pointe de tendresse. C’est ce que cette lecture a de plus réjouissant : elle mêle à merveille des sentiments opposés, et l’on n’est jamais rassasié de ce cocktail !

C’est vraiment avec regret que j’ai posé ce livre (enfin, ma liseuse), mais cette trilogie m’aura incontestablement marquée ; je ne manquerai pas de la relire pour ressentir tout ce que le livre a à offrir. Vous comprenez donc bien que je conseille cette saga qui, malgré la fantasy, a un air criant de vérité à travers ses personnages.



mardi 13 juin 2017

[L'étagère futuriste] Phobos t1 - Victor Dixen

448 pages (Editions Robert Laffont – collection R) - 5/5

Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L'éternité pour s'aimer.
Il veulent marquer l'Histoire avec un grand H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.
Elle veut trouver l'amour avec un grand A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...
Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.


« Aimer, ça ne veut pas dire tout accepter de l’autre, sans question ni remise en cause… Aimer, c’est se battre pour ce que l’on croit être le meilleur pour l’autre… même si l’autre ne le sait pas. »


En bref... ce livre m’a soufflée. J’ai complètement été transportée dans l’intrigue interplanétaire, j’ai adoré les personnages, mais surtout, j’ai été impressionnée par l’originalité apportée par Victor Dixen dans son choix de narration avec les multiples points de vue (bon, 4, ne vous inquiétez pas). Ce livre a été un véritable coup de cœur ; si vous ne le connaissez pas encore, il vous faut le lire !


Ce livre était depuis un bon bout de temps dans ma PAL : à force de le voir un peu partout, j’avais bien envie de l’en sortir, et c’est finalement l’avis de Thallia, ou Les Lettres de Sel (je vous mets son avis ici), qui m’a finalement convaincue de le faire. Et je ne le regrette pas... enfin, si, ma première réaction à la fin de ma lecture a été : pourquoi ne l’ai-je pas lu plus tôt ?! Parce que, vraiment, tout était confus en moi tellement j’ai aimé ma lecture et pour plein de raisons différentes – l’une d’entre elles est peut-être que j’accumulais la fatigue, parce que ce livre est on ne peut plus addictif, et je n’ai pas réussi à le lâcher... d’où mon début de "nuit" à six heures du matin, hum...

Ce que je retiens d’abord est que ce livre est complet. Il contient tous les éléments pour me plaire : une intrigue mêlant romance et mystères, dans un univers particulier, l’espace, et des personnages intrigants. Mais, en plus de tout ça, qui aurait déjà largement suffi à me convaincre, Victor Dixen apporte une véritable originalité. Nouveauté. Innovation. D’abord, l’endroit de l’action : l’espace ; combien de livres se déroulent dans l’espace (sujet très d’actualité, avec le retour récent d’un certain Thomas Pesquet... coïncidence totalement fortuite !) ? Les schémas du vaisseau aident à mieux se représenter l’environnement et on se sent vraiment dépaysé !

Surtout, j’ai A-DO-RE l’écriture, composée de Champ (l’intrigue principale) / Contrechamp (les dessous de l’intrigue) / Hors champ (la part d’enquête par un protagoniste extérieur) / Chaîne Genesis (ce que les spectateurs voient) ; vous avez compris la particularité ou vous avez besoin d’une explication ? J’ai trouvé très intéressante l’alternance entre champ et contrechamp ; le style d’écriture est le même mais l’on connaît tout de l’intrigue, presque immédiatement, et l’on voit les organisateurs du programme qui œuvrent en secret (comme dans la série TV Unreal). J’avoue que cela m’a un peu frustrée au début, mais il reste tout de même des révélations, qui passent principalement par les personnages (dans leur passé ou dans leurs actions), donc il n’y a pas de longueur ni de déception. Les chapitres du point de vue de la Chaîne Genesis ont lieu sous forme de discours théâtral, avec didascalies pour décrire la scène. Certes, le style d’écriture change, mais pas le talent de l’auteur ! Là encore, il nous emporte dans les speed-datings (ce sont eux, le sujet des chapitres vus par la Chaîne Genesis) et la sobriété stylistique nous permet pleinement d’apprécier les personnalités des deux protagonistes en présence, et transmet d’autant plus efficacement les émotions.

Concernant les personnages justement, ils peuvent être classés en différentes catégories dont la première est évidemment les douze prétendants. De façon surprenante (ou non, je ne sais pas, à vous de me le dire), je me suis davantage attachée aux garçons qu’aux filles. En effet, comme on ne les voit qu’à travers le point de vue de la Chaîne Genesis (hormis deux scènes se déroulant dans leur capsule), on apprend à les connaître uniquement par ce qu’ils transmettent et s’autorisent à dire ou montrer – ce qui fait que j’ai moins adhéré aux personnages plus réservés, comme Alexei ou Kenji. Cela promet d’ailleurs plus de surprises pour la suite puisque certaines personnalités pourraient différer de la façon dont on avait cru les connaître... j’ai hâte de tout ça ! Quant aux filles, au final, encore beaucoup d’entre elles restent mystérieuses pour le lecteur. Léonor est attachante, sans plus, et les autres filles ne m’ont pas marquée, si ce n’est peut-être Kelly. Mais, les passages que j’ai préférés du roman entier sont les rencontres entre Léonor et Marcus. Dès le début, ils m’ont fait frissonner (ce qui vaut au livre sa place de coup de cœur !) car on sent une telle tension entre eux...

Je répète que le livre est complet, également au niveau des émotions fournies au lecteur. Frustration de connaître le secret derrière le programme dès le début, tension entre les personnages, mais également douleur, attachement, excitation, attente... je ne sais pas quelles émotions je n’ai pas ressenties au cours de ma lecture ! L’intrigue joue d’ailleurs beaucoup avec ce qu’elle transmet au lecteur (même si au début, j'ai pensé avoir affaire à La Sélection dans l'espace), car cette fin... le suspense est insoutenable (il y a évidemment une issue que je préférerais, mais toutes pourraient être intéressantes) ! De plus, la première scène dans la capsule des garçons est certes destinée à apporter un détail de l’intrigue se déroulant hors champ, mais j’ai adoré découvrir leur univers, leur façon de s’entendre... c’était un choix de se concentrer sur le compartiment des filles, je remercie l’auteur d’avoir inclus ce passage !

Enfin, concernant les chapitres hors champ que je n’ai fait que mentionner jusque-là, je dois avouer que ce sont eux qui m’ont le moins plu. Ils apportent une touche de thriller policier à l’histoire, mais j’ai eu plus de mal à adhérer. Le personnage, Andrew, ne m’a pas émue (alors que cela aurait pu être le cas), mais j’attends de voir ce qui va être développé par la suite avec Harmony, la fille de Serena McBee, organisatrice du programme.

L’autre grande catégorie de personnages dans ce livre regroupe les organisateurs, que l’on découvre en contrechamp. Ils restent assez mystérieux et Serena est vraiment le personnage intéressant, car le plus complexe. A voir par la suite comment elle va évoluer. En tout cas, les chapitres en contrechamp et en hors champ se mêlent à merveille, et la transition de l’un à l’autre (entrecoupés des chapitres dans le champ de la caméra) ne se sent même pas.

Si vous hésitez encore à lire Phobos (Mégane, c’est à toi que je m’adresse !), ne tergiversez plus ! J’ai déjà envie de le relire pour me replonger dans cet univers particulier et si riche qui m’a fait ressentir tant d’émotions...

vendredi 9 juin 2017

[L'étagère romantique] Tes mots sur mes lèvres - Katja Millay

501 pages (Editions Fleuves – collection Territoire) - 5/5


Ancienne pianiste prodige, Nastya Kashnikov désire aujourd’hui deux choses : traverser sa période de lycée sans que personne n’apprenne rien de son passé, et faire payer le garçon qui lui a tout pris – son identité, son âme, sa volonté de vivre.

L’histoire de Josh Bennett n’est un secret pour personne. Chaque être qu’il a un jour aimé lui a été pris, jusqu’à ce qu’à 17 ans, il ne lui reste personne. Désormais, il veut qu’on le laisse seul, et les gens le font car quand votre nom est synonyme de mort, tout le monde est enclin à vous laisser votre espace.

Tous… sauf Nastya, cette mystérieuse nouvelle fille à l’école qui a commencé à venir le voir et ne veut plus s’en aller, s’insinuant dans chaque aspect de sa vie. Mais plus il apprend à la connaître, plus elle devient une énigme. Alors que leur relation s’intensifie et que des questions sans réponses s’accumulent, il commence à se demander s’il apprendra un jour les secrets qu’elle cache… ou même s’il le souhaite réellement.


« Je sais à ce moment là que ce qu'il me donne n'est pas simplement une chaise. C'est une invitation, un signe de bienvenue. Il me fait savoir que je suis acceptée ici. Il ne m'a pas donné un endroit ou m'asseoir. Il m'a donné un endroit auquel appartenir. »


En bref... ce livre est une tuerie émotionnelle ! L’histoire est tout simplement addictive, bouleversante et drôle... le tout mélangé, cela donne un roman d’une grande profondeur, dont les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres. Impossible d’en sortir indemne.


Ce livre fait probablement partie de mes trois livres préférés (un jour, je vous ferai la liste...) ; même après plusieurs relectures, j’en ressors toujours aussi bouleversée. C’est donc après une énième relecture (bon, je peux encore les compter : la quatrième en un an) que je vous partage et avis pour vous inciter – vous obliger, plutôt ! – à découvrir cette merveille. Certes, l’intrigue en elle-même présente peu d’originalité : deux personnages principaux se rencontrent, traînant derrière eux un passé douloureux dont ils essaient de se débarrasser. Cependant, ce livre est le meilleur du genre que j’ai pu lire ; tout est juste dans ce livre :  le style de l’auteur est un réel vecteur d’émotions sincères, les personnages sont attachants, touchants, sans s’apitoyer sur leur sort. J’ai d’autant plus apprécié que l’histoire ait une fin. Si, à un moment, on a l’impression d’arriver à une fin ouverte, d’en avoir fini avec le trop-plein d’émotions, mais les deux, trois dernières pages, qui peuvent être vues comme un épilogue, sont tout simplement parfaite. Parmi les meilleurs extraits du roman en tout cas, de ceux qui me rappellent pourquoi j’adore tellement ce livre.

Concernant les personnages, on retrouve quelques clichés comme l’asocial, la nouvelle mal intégrée, le meilleur ami drôle et populaire, la fille belle et populaire, la peste ; au-delà de cela, les personnages ont une réelle personnalité. Les relations qui se nouent entre les différents personnages sont complexes, mais en même temps évidentes : rien ne paraît trop compliqué, c’est même plutôt simple, mais les personnages sont beaux ensemble ; c’est peut-être stupide à dire sachant que je n’arrive à imaginer qu’une représentation partielle d’eux, mais je le répète, je trouve les personnages beaux ensemble. Leurs personnalités à tous s’accordent à merveille. Concernant la relation entre les protagonistes, Nastya et Josh, elle m’a totalement embarquée dans un univers à part : je me suis complètement sentie dans le garage de Josh, que je parviens très bien à m’imaginer. J’ai peut-être été parfois frustrée par les non-dits entre eux deux, mais cela fait totalement partie de l’histoire.

J’ai aimé que la place des prénoms soit aussi importante dans l’intrigue que dans la narration. Le roman est rédigé selon deux points de vue alternés (ceux de Nastya et Josh) ; il y a juste la dose de suspense nécessaire, l’écriture colle parfaitement aux émotions et au déroulement de l’histoire. L’auteur maîtrise à merveille cette façon de livrer au lecteur les pensées intimes des personnages, et cela contribue à l’attachement que l’on éprouve pour les protagonistes. J’espère vraiment que l’auteur écrira un autre livre, car je le lirai volontiers !

Ce qui rend ce livre si merveilleux et lui donne le titre de meilleure romance jeunesse-YA (même si la place est disputée avec le premier tome de Hors limites de Katie McGarry) est la profondeur de la réflexion sur la vie qu’il soulève. En marquant (surlignage sur la liseuse) tous les passages que je trouvais beaux et mémorables, c’est-à-dire des extraits qui évoquaient des réflexions générales sur la vie, le destin, le hasard, en somme mes passages préférés, j’ai pu remarquer qu’il y en avait beaucoup dans ce roman, parfois même mis en exergue au début des chapitres. Le passage que je préfère, auquel fait d’ailleurs allusion l’épilogue, est celui traitant de la mer de la Tranquillité, autrement dit The Sea of Tranquility, soit le titre original du roman. Alors, si je dois déplorer quelque chose dans ce livre, c’est probablement son titre, Tes mots sur mes lèvres, dont je ne vois pas le rapport direct avec l’intrigue, alors que le titre original est tellement plus poétique et complètement lié à l’histoire, ainsi que la couverture de la version française... le prochain livre VO que j’achète sera sûrement The Sea of Tranquility !

J’aurais tellement d’autre chose à dire, d’autres sujets à aborder comme le mutisme de Nastya, le caractère de Josh, qui est sûrement mon personnage masculin préféré, la psychologie derrière l’attitude de Drew, la place de l’art, de la création dans le livre, et ce sous toutes ses formes, mais la seule chose que je voudrais vous dire est de lire ce livre. Il est tellement fort que l’on pourrait oublier que ce n’est qu’une fiction. Dans tous les cas, attendez vous à être ému...

jeudi 25 mai 2017

[L'étagère à univers] Prince captif t2 - C.S. Pacat

415 pages (Editions Milady - collection Littérature) - 4/5

Alors que leurs royaumes sont sur le point d’entrer en guerre, Damen et son nouveau maître, le prince Laurent, doivent échanger les intrigues de palais contre la violence ouverte des champs de bataille. Contraint de dissimuler son identité, Damen est de plus en plus attiré par le dangereux et charismatique Laurent. Mais alors que la fragile confiance entre les deux hommes se renforce, les secrets de leurs passés risquent de leur porter un coup fatal…


« Pour obtenir ce qu'on désire, il faut savoir exactement ce qu'on est disposé à sacrifier. »


En bref... un tome que j’ai encore plus apprécié que le précédent, en raison de la présence de davantage d’action, mais pas de façon excessive. En parallèle, l’attirance entre les deux personnages les rend tous deux encore plus intéressants et en même temps énigmatiques, en espérant que le tome 3 réponde à toutes mes questions à leur sujet... Le point négatif a été la frustration que j’ai pu ressentir à cause de non-dits et d’occasions manquées, mais cela est peut-être intentionnel.


Après avoir lu le premier tome de la trilogie qui m’avait fait découvrir un univers très intrigant et innovant, j’avais hâte de me plonger dans ce deuxième tome et je n’ai pas été déçue, c’est peu de le dire : ce tome m’a encore plus enchantée que le premier tome. Alors que l’on avait entrevu la psychologie des personnages, le début étant très tourné torture psychologique, cela s’est confirmé ici par leur comportement ; est enfin intervenu ce qui manquait le plus au premier tome : de l’action, du mouvement !

On retrouve donc Laurent et Damen sur le départ pour le service militaire obligatoire de Laurent à la frontière avec Akielos, le royaume dont Damen est l’héritier. Damen l’accompagne comme son esclave mais Laurent lui fait la promesse de le libérer s’ils atteignent la frontière. En effet, Laurent se sait victime des complots de son oncle le régent, et compte sur l’intelligence et la force de Damen pour le protéger. A ce propos, ce tome joue beaucoup avec les sentiments du lecteur : on a l’impression que l’action met toujours Laurent en danger parce qu’il se jette dans des situations sans en mesurer les risques. Ce que l’on oublie alors, c’est que Laurent est lui-même imprévisible et très intelligent, perspicace, et, comme l’on suit le point de vue de Damen, on a toujours un pas en retard de lui. Puis, même physiquement, on se rend vite compte que Laurent n’est pas aussi faible, démuni que ce que l’on pensait. Cette explication est confuse mais, en bref, contrairement à ce qu’on ressent à prime abord, ce n’est pas Laurent qui est en position de faiblesse mais Damen, et le lecteur par la même occasion. On retrouve là la partie psychologique du premier tome, et cette continuité permet de bien lier la suite avec la pose de l’univers. En fait, si je devais qualifier cette série en un seul mot, ce serait : SUBTILITE.

Si j’ai parlé de la subtilité dans l’intrigue, on la retrouve de façon frappante (eh oui, bel oxymore que la subtilité frappante) dans le caractère des personnages, et d’abord chez Laurent. Je n’arrive pas à déterminer si je considère Laurent comme le personnage principal parce que telle est la volonté de l’auteur, ou parce que c’est le personnage que je trouve le plus intéressant (votre avis là-dessus ?)... Laurent est distant, froid et surtout imprévisible. Mais, apparemment, Damen parvient à apprivoiser Laurent, et cela devient de plus en plus flagrant. Cependant, on est toujours dans ce sentiment d’instabilité, de savoir si cela va jusqu’à la confiance ou non. En théorie, à cause de la révélation finale dans ce tome, cela ne devrait pas être le cas dans le dernier tome. Damen est plus facile à comprendre, et on peut imaginer qu’il est plus facile à vivre. Donc, après réflexion, cela a été dans la volonté de l’auteur de garder une aura de déséquilibre autour de Laurent, par contraste avec Damen et pour marquer la distinction entre leurs royaumes aussi. En ce qui concerne Damen, j’ai eu du mal à concevoir qu’il ne conserve plus que de façon ponctuelle sa volonté de fuite, pour retrouver sa place et son royaume. Peut-être cela va-t-il revenir par la suite ?

Donc, pour tout ce que j’ai pu dire, je tire mon chapeau à l’auteur, pour cet univers riche, la psychologie ultra développée des personnages et ces rebondissements qui surviennent à point nommé. Ainsi, je suppose que ce qui m’a le plus dérangée dans ma lecture a également été voulu par elle : la révélation finale, qui se fait en l’absence de Laurent. A de nombreuses reprises, alors que Damen se retrouvait seul avec un Laurent affaibli et qui baissait sa garde, il a continué à lui cacher son identité. C’est quelque chose dont je ne comprends toujours pas la signification, ce qui m’a à chaque fois frustrée. Mais bon, passons. Peut-être serai-je éclairée dans la fin...

Enfin, le dernier élément qui m’a dérangée est en lien avec le style de l’auteur, et plus particulièrement sa façon d’annoncer les moments d’intimité entre Laurent et Damen. Si les premiers sont réussis, les derniers paraissent déplacés, c’est-à-dire que je ne les ai pas vus venir, mais dans le mauvais sens : c’était maladroit et, à un moment même, j’ai cru que Damen était en train de rêver, et je n’ai compris qu’après ce qui s’était passé, ce qui est dommage parce que, en d’autres circonstances, ce genre de moments fait basculer une bonne lecture en coup de cœur. Donc bon, petit point négatif pour moi, mais ce n’est rien à côté de tout ce que ce livre m’a fait ressentir par ailleurs. Le troisième tome sera sûrement ma prochaine lecture en ebook tellement j’ai hâte de lire le dénouement (et ce n’est pas ma lecture actuelle car je voulais attendre d’écrire la chronique du tome 2 pour ne pas les confondre).


Ma chronique du tome suivant

lundi 15 mai 2017

[L'étagère à mystères] La Chimiste - Stephenie Meyer

600 pages (Editions JC Lattès) – 5/5

Traquée par ses anciens employeurs, Alex se cache de ceux pour qui elle constitue une menace. Alors qu’elle travaillait en tant que chimiste réputée pour ses techniques efficaces d’interrogatoire, elle a appris nombre des plus sombres secrets des Etats-Unis. Mais, quand elle reçoit une invitation qui lui permettrait de retrouver une vie « normale », elle flaire le danger mais la tentation est grande : ce qu’elle va découvrir par la suite va la convaincre de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce qui la menace.


« Je suis la princesse des ténèbres ! Je fais peur aux gens,
à des gens qui pourtant n’ont peur de rien, même pas de la mort. Parce que je peux tout leur prendre, jusqu'à leur dignité, leur faire renier ce en quoi ils croient le plus.
Je suis l'incarnation du mal, une abomination. »


En bref... ce livre est une pépite que je suis ravie d'avoir découverte. Après les émotions que Les Âmes vagabondes m'avaient procurées, j'étais impatiente de retrouver la plume de Stephenie Meyer, qui ne m'a en aucun cas déçue, dans ce nouvel univers peu présent dans ma bibliothèque.


Après Les Âmes vagabondes, Stephenie Meyer parvient avec succès à nous transporter dans un autre univers - bien que celui-ci soit issu du monde réel, ce dont on puisse parfois douter au vu des événements incroyables qui se déroulent : torture, services secrets, complots à grande échelle… Mais que savons-nous réellement de ce que les autorités font d'illégal à l'insu du public ? Au final, l'histoire est très crédible.

Cela est sûrement dû au fait qu'elle est portée par trois personnages principaux très attachants ! Trois personnages… un triangle amoureux ? Si cela a été ma grande peur lors de l'apparition du troisième personnage, j'ai vite été rassurée : pas de triangle amoureux, toujours très ennuyeux ! Ainsi donc, les trois personnages principaux sont très attachants, chacun à leur manière. Kevin par son côté rustre mais également professionnel, expérimenté et autoritaire. Alex, dont on suit le point de vue, qui se montre paranoïaque et détachée pour dissimuler ses peurs, mais en même temps déterminée à en finir ; cela donne un côté réaliste à l'histoire : après plusieurs années de fuite, il paraît évident que le personnage en ait marre de vivre ainsi. Enfin, Daniel est le gentil personnage : sa naïveté est à la fois son point fort et son point faible. Point fort car cela marque un contraste net avec les dangers et les événements qui menacent nos protagonistes, et, cela faisant partie d'une action dans l'ombre, Daniel n'a pas connaissance des mesures à prendre pour survivre, même si, au fil des pages, on voit peu à peu une prise de conscience et une résignation de son côté. Point faible, car cette évolution du personnage est très -trop- longue à émerger ; si d'abord on le plaint pour ce qui lui arrive sans n'avoir rien demandé, on a juste envie de le secouer quand il devient clair qu'il est impliqué dans l'histoire. En somme, les personnages sont certes un peu caricaturaux, ils apportent la part humaine de l'intrigue pleine d'action.

En revanche, des personnages inhabituels comme Einstein et Lola apportent une réelle surprise à l'histoire : les chiens de Kevin élevés pour l'espionnage. Pour le coup, leur intelligence surdéveloppée est un peu incroyable, mais il y a certes des chiens dans les forces de police, formés aux tâches - et je ne suis pas experte de l'intelligence canine.

Ma lecture de ce roman a été paradoxale, oscillant entre envie de tourner les pages plus vite de par son addictivité et envie de savourer les détails apportés à l'histoire. En effet, ce qui m'a le plus marquée au cours de ma lecture a été cette précision dans les descriptions ET dans les actions. Ainsi, les phases descriptives comme la pose de pièges ou la préparation des plans en deviennent dynamiques et les parties au contraire d'action, naturellement dynamiques, gagnent en réflexion et en froideur, en parfaite adéquation avec l'univers de l'espionnage. Cette manière de me tenir en haleine sur l'ensemble de l'intrigue est d'autant plus remarquable que le roman est écrit à la troisième personne, forme à laquelle j'ai du mal à adhérer en général. Pour autant, je me suis sentie pleinement impliquée dans l'intrigue en raison, pour me répéter, du personnage d'Alex plein de forces et de faiblesses, de son côté humain et des émotions que procurent en général l'ensemble des personnages, et aussi par cette écriture si minutieuse. Il faut ajouter à cela la précision technique qui ponctue la lecture. Le titre, La Chimiste, traduit à merveille ces moments où Alex fait usage de ses outils de torture… douce n'est apparemment pas le terme, mais plutôt délicate, par opposition à la boucherie que la torture évoque par habitude en terme de torture physique. En effet, Meyer utilise volontiers les gaz et produits médicaux comme des armes, et, à défaut de pouvoir vérifier la véracité des effets produits, l'impression générale qui ressort de cette utilisation est le professionnalisme ; ainsi, à aucun moment avons nous du mal à croire que Alex, ou plutôt Juliana Fortis, est une chimiste bardée de diplômes. Cela est renforcé, suite à la lecture des remerciements de Meyer, par la recherche effectuée en amont par l'auteur pour écrire le roman : elle a en effet consulté nombre de spécialistes de différents domaines, afin de rendre l'histoire plus crédible et réaliste - ce qui fonctionne pour moi !

Dans cette intrigue pleine de rebondissements et au cours de laquelle je ne me suis pas du tout ennuyée, la partie qui m'a le moins plu, à ma grande surprise, a été la dernière partie consacrée à la réalisation du plan élaboré pendant les deux tiers voire trois quarts du livre : il y a certes de l'action, les événements sont devenus plus confus, brouillons, et aussi moins intéressants. Mais, moi qui aime particulièrement les épilogues, celui-ci est vraiment bon, ce qui rattrape les pages précédentes qui me laissent un sentiment mitigé.

vendredi 12 mai 2017

[L'étagère à univers] Marquer les ombres t1 - Veronica Roth

464 pages (Editions Nathan) - 5/5



Dans une galaxie où flottent différentes planètes abritant chacune une civilisation, une en particulier est victime de tensions intrinsèques entre deux peuples, l'un (les Shotet) ayant colonisé la planète de l'autre (les Thuvésits).

Or, parmi eux, certains individus sont dotés de dons. Quand Akos, un Thuvésit, est mené au service de Cyra, une Shotet, ils seront contraints de s'entraider, malgré leurs oppositions, pour lutter contre la folie meurtrière du frère de celle-ci.




« Je n'ai pas choisi le sang qui coule dans mes veines.
Pas plus que tu n'as choisi ton destin.
Toi et moi, nous sommes devenus ce qu'on nous a fait devenir. »


En bref... une lecture palpitante avec des personnages attachants, une fois les premières pages passées, celles-ci étant parfois difficiles à comprendre à cause d'un univers très -trop- dense mais qui laisse de nombreuses pistes à explorer par la suite.


J'attendais avec impatience le retour de Veronica Roth et, à la lecture des premières pages, cela était mal parti… Je dois avouer que je n'ai pas été embarquée par Marquer les ombres -titre soit dit en passant que je n'apprécie pas, mais je préfère le titre original Carve The Mark, soit "Graver les marques", qui s'accorde mieux avec l'histoire- dès le début. En effet, les premiers chapitres sont consacrés à Akos et rédigés à la troisième personne… ce que à quoi j'ai souvent du mal à accrocher, et cette fois-ci n'y a pas fait exception. Néanmoins, les chapitres suivants centrés sur Cyra et rédigés à la première personne m'ont complètement intriguée et je suis enfin rentrée dans l'histoire… et l'univers. 

En effet, l'univers est très complexe, voire trop à prime abord. Les noms sont compliqués et j'ai eu tendance à confondre les différentes nations. Une fois cela enfin assimilé, tout ce qui paraît, jusque là, assez négatif est vite oublié : ce livre est une pure merveille et la lecture devient de plus en plus intéressante au fil des pages. L'intrigue est en même temps classique (des destins écrits à l'avance) mais en même temps originale car elle s'inscrit dans un nouvel univers vraiment détaillé et travaillé qui fournit aux personnages des caractéristiques particulières. Si, au début, elle se concentre sur la présentation de l'univers et du contexte, puis l'évolution des personnage, le nœud de l'intrigue survient ; ainsi, j'ai eu l'impression que le livre était divisé en deux parties : la partie de soumission des personnages à leur destin, puis la partie de rébellion. Là, on retombe certes dans un schéma classique, cette dualité subsiste jusqu'à la fin, et c'est la véritable valeur ajoutée de la ligne directrice de ce roman. Les deux restent intrinsèquement liés à cause de l'évolution des personnages. Cette partie psychologique est ce qui m'a le plus intriguée, ce qui a rendu certaines parties assez longues, notamment l'élaboration des différents plans d'action. Ces scènes sont certes nécessaires, peut-être auraient-elle pu être quelque peu raccourcies. Les scènes d'action en revanche sont parfaitement bien écrites et décrites, suffisamment pour être plausibles, même si, pour certaines, je n'ai pas réussi à me projeter complètement dedans. En tout cas, ce roman laisse planer pas mal de doutes qui me donnent évidemment envie de lire le tome suivant, en espérant voir les questions que je me pose résolues - notamment le rôle de l'Assemblée, institution plusieurs fois évoquée mais jamais développée. 

L'atout de ce livre est avant tout ses personnages. Chacun est doté d'un pouvoir unique rattaché à leur personnalité, et les deux sont intéressants à étudier. Certains personnages sont plus complexes que d'autres à comprendre, et tout d'abord les frère et sœur Noavek. Ryzek et Cyra semblent d'abord bien assortis, mais ils sont en réalité opposés. L'émancipation de Cyra par rapport à Ryzek est progressive, et pendant un temps pas totale, ce qui se traduit dans ses choix. Ajoutée à son pouvoir, cette hésitation exprime la grande souffrance du personnage, qui se communique volontiers au lecteur. En même temps, Cyra n'en inspire pas pour autant de la pitié car elle n'est pas faible : elle fait tout pour se battre, ce qui m'a rendue encore plus sensible à son évolution. Ryzek en revanche est un personnage antipathique qui donne pas envie de s'attarder sur lui, du moins dans ce tome… il reste une part de mystère en lui qu'il serait intéressant de creuser par la suite, derrière la peur qu'il inspire : ses motivations. Perçu des points de Cyra et de Akos, aucun ne fournit une véritable photographie de sa personnalité, d'autant que l'on apprend qu'il est le seul à connaître certaines informations. Akos est beaucoup moins complexe, mais tout aussi émouvant -par contraste avec la complexité de Cyra ?- : dès le début, on sait que sa motivation première sera de sauver son frère, et il ne quitte pas cette ligne. Sa loyauté est probablement une de ses plus grandes qualités et, même s'il est décrit avec un physique impressionnant, c'est sa sensibilité qui m'a touchée, et notamment ses attentions envers Cyra. A bien y réfléchir, il apparaît peut-être plus plat que les autres personnages, mais peut-être que la suite des événements va révéler autre chose chez lui ? Parmi les autres personnages plus secondaires, aucun ne m'a autant marqué que ces trois personnages principaux ; peut-être la mère de Akos et Eijeh a-t-elle plus attiré mon attention, car je ne lui fais pas confiance, et, encore une fois, c'est cette part de mystère qui intrigue le lecteur. 

En bref, si cette lecture était mal partie, elle s'est révélée très intéressante, et je suis curieuse de lire la suite. L'univers est très riche et, si cette densité peut effrayer au début, il vaut la peine de s'accrocher tellement il est bien travaillé, complété par des personnages qui intriguent et émeuvent. L'intrigue développée appelle à une suite  qui permettra de répondre certaines questions que le lecteur se pose. Un retour sur la scène réussi pour Veronica Roth ! 

PS : ne pas chercher à comparer ce roman de fantasy avec la saga dystopique Divergente


EDIT (après relecture en VO) : ce roman est assez accessible en anglais : pas autant que Divergent, mais largement plus que la plupart des romans de fantasy. J'adore le style de Veronica Roth, et cela a été un plaisir de découvrir le texte original, même si la traduction est bien réalisée.