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dimanche 3 septembre 2017

[L'étagère à mystères] Le berceau de la peur - Louise Voss & Mark Edwards

482 pages (Editions AmazonCrossing) - 4/5


La première enfant a été enlevée chez elle.
Le deuxième, dans la voiture de sa mère.
Et la troisième, dans sa propre chambre à coucher…
Lorsqu’un soir, Helen et Sean Phillips sortent en laissant leur fille aînée de 15 ans garder sa petite sœur Frankie, ils ignorent qu’ils s’apprêtent à vivre le pire cauchemar de tous les parents.
Quand l’enquête démarre, l’inspecteur principal Patrick Lennon a bon espoir de retrouver les trois enfants sains et saufs. Mais un premier corps est retrouvé dans un parc de Londres, et Lennon comprend que le temps est compté. Dans cette affaire, les apparences sont trompeuses…



« Quelques secondes de calme et d’innocence, peut-être un léger sifflement venant d’en haut ;
puis, le silence au moment où Patrick ouvrit la porte d’entrée et que tout lui parut trop paisible...
la certitude immédiate que quelque chose clochait, sans pour autant se douter à quel point,
ni du caractère absolu et irrévocable de ce quelque chose. »

En bref... un thriller très bien mené, avec des changements de point de vue qui entretiennent le suspense, et un rythme précis qui confère au livre une ambiance bien à lui. Certains personnages sont attachants mais, dans l’ensemble, ils sont trop effacés.


A première vue, ce livre ressemblait beaucoup à Une berceuse pour Fanny que j'ai lu il y a quelques années et qui ont tous deux pour sujet principal l'enlèvement de bébés. Grâce à NetGalley et AmazonCrossing, j'ai pu me rendre compte à quel point le même thème peut être exploité de façons différentes, tout en conservant des valeurs centrales dès qu'un enfant est concerné.

Un thriller très intéressant d'abord du fait de sa multiplicité de points de vue. En effet, l'intrigue implique un grand nombre de personnages, avec une place plus ou moins importante. Les deux majoritaires sont ceux de l'inspecteur principal Patrick Lennon et d'Alice, la sœur d'une enfant enlevée ; ce sont d'ailleurs les deux personnages que j'ai préférés, parce qu'ils élèvent l'intrigue au-delà de l'enquête. Patrick d'abord met un acharnement particulier à dénouer l'affaire, et l'in comprend rapidement pourquoi : sa fille Bonnie a l'âge des trois enfants kidnappés. Si je m'attendais à ce que Bonnie se fasse elle-même enlever, la simple inquiétude de Patrick suffit à montrer l'amour qu'il porte à sa fille, et à accentuer la douleur des parents des autres enfants. Quant à Alice, on ne sait pas réellement sur quel pied danser avec elle, et ce pendant un long moment… En effet, on est vite conscient qu'elle dissimule une part des événements s'étant déroulés le soir de l'enlèvement de sa demi-sœur ; en même temps, on la sent tiraillée entre ses secrets et son amour sincère pour Frankie. Un autre personnage important est Helen Philips, la mère de Frankie et belle-mère d'Alice. Je me suis moins attachée à son personnage, car j'ai trouvé qu'elle agissait parfois de façon insensée et défavorable au secours de sa fille ; j'avais envie de l'interpeller pour la faire réagir, lui dire de demander de l'aide au lieu de vouloir agir seule (on en parle de son époux, Sean, qui paraît presque indifférent à toute l'affaire pendant les trois quarts du livre ?!). On ressent tout de même sa souffrance qui, peut-être, la conduit aveuglément. Les autres personnages ne m'ont pas réellement marquée…

L'enquête policière est très bien menée. On pourrait croire que, à cause des changements de point de vue, le rythme de l'intrigue serait ralenti et le lecteur perdu, mais pas du tout. A chaque chapitre, la durée écoulée depuis le début du livre est notifiée, de façon à éviter toute confusion et à installer une ambiance un peu pressante pour marquer l'avancée de l'enquête. Un autre gros point positif est le suspense, entretenu par des révélations inattendues, des résolutions partielles qui relancent l'intrigue… on ne s'ennuie pas une seconde ! L'intrigue secondaire concernant la rivalité de Patrick avec l'autre inspecteur général est en revanche plus maladroite, et pas forcément nécessaire, sauf si ce n'est pour marquer son état d'épuisement.

Par contre, son "family background" (passé familial?) est beaucoup plus intéressant, important pour l'intrigue même. Il contraste par son détachement de la maternité des sentiments forts qu'éprouvent les mères qui ont un rôle actif dans le livre (comprendra qui pourra, désolée). Car, dès qu'un enfant est en jeu dans ce genre d'intrigue, ce qui ressort le plus est l'amour, parfois même excessif, d'une mère pour son enfant. Et cette partie est très émouvante ; elle éclaire l'ensemble du livre, autant le déroulement de l'enquête que son issue, et c'est ce qui rend ce thriller beau.

Cela a donc été une bonne lecture, un peu éprouvante à cause du rythme explicitement imposé, mais aussi vraiment intéressante par son côté plus psychologique. Encore merci à NetGalley et AmazonCrossing pour cette découverte !







mardi 29 août 2017

[L'étagère à mystères] La cave - Natasha Preston

397 pages (Editions Hachette Jeunesse) - 4/5



Imaginez une maison comme n'importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d'un homme : Trèfle. Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n'est pas prête à accepter son sort jusqu'à faner et dépérir.


« La solitude est pire qu'une maladie mortelle. Chaque jour qui passe, on s'efface un peu plus. »


En bref... j’ai été captivée par cette histoire ; l’intrigue est intéressante, se concentrant également sur la psychologie du kidnappeur par une alternance de points de vue. Cependant, je déplore une fin un peu trop rapide, précipitée qui m’a laissée sur ma faim.


J’ai beaucoup entendu parler de ce livre, principalement par des avis positifs. Je dois reconnaître que ce livre m’a complètement emportée avec les filles dans la cave, et ce dès les premiers chapitres. Si l’on fait d’abord la connaissance de Summer, j’attendais avec impatience le moment où elle serait enlevée (je ne suis pas sadique, mais c’est là l’intérêt de l’intrigue, non ?) ! Une fois dedans, on pourrait se dire que la ressemblance des journées des filles rend l’intrigue monotone mais pas du tout ; comme on suit dans la cave le point de vue de Summer, on a accès à ses pensées, à son ressenti et à ses plans d’évasion. Elle n’est pas résignée comme les autres filles semblent l’être, elle réfléchit beaucoup et cherche à connaître ce qui se passe dans le monde extérieur – et notamment comment les recherches se déroulent, par le biais des journaux.

Les quatre premières filles que l’on rencontre sont toutes différentes ; autant j’ai apprécié le caractère de Summer (ou Lilas), autant j’ai détesté Rose et sa soumission. Elle est sûrement le personnage qui reste le plus mystérieux à la fin du roman ; on ne sait pas réellement si elle se plaisait dans la cave, ou si elle était simplement résignée à vivre cette même vie à jamais. Iris et Violette sont assez effacées ; je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à elles, car j’ai eu l’impression qu’elles n’étaient pas essentielles. Summer est donc le personnage féminin qui m’a le plus plu ; j’ai apprécié sa détermination, son courage et son bon sens, même si j’aurais aimé qu’elle garde foi en sa famille et en ses amis – certes, elle espère toujours, mais juste parce que cela lui permet d’échapper à son quotidien : elle n’est plus réellement convaincue.

Cependant, les personnages que j’ai préférés sont Trèfle et Lewis. Trèfle, d’abord, parce que l’on sent bien qu’il est perturbé, mais on cherche aussi à le comprendre. L’auteur a réussi à me faire ressentir de la pitié pour lui, grâce aux chapitres de son point de vue retraçant des moments s’étant déroulés quelques années auparavant – c’est vrai aussi que ces changements de date ont parfois rendu ma lecture confuse, car les chapitres de son point de vue se déroulant à l’époque actuelle. Pourtant, même à la fin, ce personnage reste toujours mystérieux, tout comme Rose. On sait que sa mère a eu une place importante dans sa vie, et cette relation est très intéressante : il a envers elle des sentiments qu’un  fils n’est pas censé ressentir pour sa mère, entre l’admiration et la passion. J’ai également adoré le personnage de Lewis. Il est déterminé, passionné même ; on sent qu’il éprouve un amour réel pour Summer – contrairement à ce que Trèfle prétend – et il le montre dans la frénésie qu’il met dans ses recherches. Ce sont les chapitres de son point de vue qui m’ont le plus émue, et je me suis réellement attachée à lui.

Malgré tout, j’ai été déçue par la fin. Je l’ai trouvée trop rapide, presque bâclée. J’ai aussi eu du mal à comprendre l’attachement que Summer éprouve pour les autres filles à la fin, sans soulagement de sa situation finale... bref, cette fin ne m’a pas vraiment plu, mais elle ne me fait pas oublier le reste du livre que j’ai beaucoup aimé, dans un style fluide qui fait du livre un réel page-turner !

jeudi 24 août 2017

[L'étagère à mystères] Bleu blanc sang t1 - Bertrand Puard

297 pages (Editions Hachette) - 4.5/5




5 juin 2018. Tandis que l’on célèbre à Notre-Dame l’enterrement du Président de la République mort tragiquement quelques jours auparavant, un convoi transportant une toile d’une artiste du XVIIIème siècle inconnue, Justine Latour-Maupaz, est pulvérisé au lance-roquette sur une autoroute du centre de la France. Au même instant, à New York, une œuvre de la même artiste est adjugée pour la somme inouïe de 53 millions de dollars. Pour quelles raisons des forces obscures cherchent-elles à détruire précipitamment, ou à s’approprier soudainement, les travaux de cette peintre ignorée ? À qui profite ce regain d’intérêt ? Eva Brunante, dont le père, seul exégète de la peintre, a disparu, va se lancer dans une enquête aux ramifications politico-financières vertigineuses. Bienvenue dans la république Bleu Blanc Sang !



« Un artiste ne cherche pas la vérité, mais sa vérité. »


En bref... j'ai adoré cette lecture qui m'a emportée à la recherche de tableaux originaux (et malheureusement imaginaires seulement), en compagnie de personnages attachants.


Livre emprunté à la bibliothèque car la quatrième de couverture m'attirait, j'ai eu un peu peur de retomber dans la même déception qu'a été ma lecture de Réseau(x) de Vincent Villeminot - points communs : des auteurs français, des éléments de SF par le fait que les histoires se déroulent dans le futur, mais pas de réel élément futuriste… Pourtant, j'ai eu une bonne surprise dès le début de ma lecture : le rythme est rapide, à travers l'alternance de trois points de vue. Certes, le lien entre les trois scènes ne se fait pas immédiatement, mais cela ne tarde pas pour autant… Cette alternance caractéristique du rythme de ce thriller perdure une fois le nœud de l'intrigue posé, entretenant ce faisant le suspense, au moins au début. J'ai beaucoup aimé la structure de l'intrigue, qui évolue progressivement en laissant place à des révélations au fur et à mesure.

Une grande originalité est apportée dans ce livre par l'invention d'un univers complet autour de la peintre Justine Latour-Maupaz. A première vue inconnue, il s'est révélée après recherche qu'il s'agissait entièrement d'un personnage fictif. Pourtant, la description de ses tableaux est incroyablement précise, et j'aurais adoré avoir des représentations visuelles, en annexe par exemple. En tout cas, je ne sais pas si l'auteur s'est inspiré d'artistes réels et de leurs toiles pour imaginer le concept de l'œuvre des Douze travaux d'Hercule croisés à des scènes marquantes de la Révolution française, mais cela est vraiment original, bien pensé, bien développé et bien utilisé.

Un autre élément que j'ai beaucoup aimé est le parallèle fait entre la Révolution française présentée à travers les tableaux de la peintre fictive -qui, comme tout le monde le sait, avait pour but de mettre fin à l'Ancien Régime et à la hiérarchie sociale qui existait alors- et la volonté du mouvement politique, là encore imaginaire, mis en scène dans le roman. Ce dernier a d'ailleurs contribué à la dynamique de l'intrigue, en installant un point de vue supplémentaire et en lui permettant d'avancer.

Une intrigue originale, dynamique, vraiment addictive… tout cela donne vraiment de quoi faire un bon thriller ; qu'en est-il du suspense, élément fondamental ? Là, mon avis est plutôt mitigé… Au début, alors que les différents éléments ne font que se superposer individuellement, le suspense est à son comble. Puis, quand l'on commence à faire des liens entre eux, l'issue peut être aisément devinée, à la fois l'identité des parties et leurs motivations. Donc le suspense n'est pas vraiment au rendez-vous. De la même façon, la fin laisse plutôt sur un cliffhanger. Néanmoins, la suite me paraît plutôt sans surprise, ce qui est confirmé par l'extrait du tome 2 (les deux premiers chapitres) reproduit à la suite du tome 1… l'éditeur aurait dû s'en abstenir pour entretenir le suspense qui a tant manqué à la seconde moitié de ce tome ! La seule touche de mystère réside encore, à mon avis, en un point de vue tierce (celui de Lucas) qui garde encore des secrets à livrer.

L'intrigue est portée par un duo fort : Eva et Hugo. Malgré le point de vue à la troisième personne dont je ne raffole pas, je me suis beaucoup et rapidement attachée à eux. J'ai beaucoup aimé Eva, qui est une jeune femme forte et déterminée ; Hugo a quant à lui une grande fougue et une motivation à faire tomber les puissants qui est d'abord un peu effrayante, avant de se transformer au contact d'Eva. A côté d'eux, le personnage de Tiphaine est beaucoup plus fade et, pour moi, il s'agit plus d'un duo que d'un réel trio ; j'ai conscience que cela peut être intentionnel, mais il faudrait à l'avenir que la jeune fille ait un rôle plus important… Les autres personnages sont également assez transparents, en tout cas peu marquants.

Malgré ces deux personnages et la relation naissante entre eux, il m'a manqué un élément essentiel à mes yeux : des émotions. Certes, il s'agit d'un thriller jeunesse ; il aurait acquis une profondeur plus importante si des émotions avaient été incluses. Il y a bien quelques moments, quand Eva pense à sa relation chaotique avec son père, quand les personnages s'inquiètent les uns pour les autres, mais cela se communique difficilement aux lecteurs. L'autre élément qui aurait donné de la hauteur à ce roman est le style d'écriture. Il est très marqué jeunesse, fluide mais simple, ce qui ne colle pas forcément avec l'âge des personnages.

Il n'en reste pas moins que j'ai passé un excellent moment dans ce thriller jeunesse haletant. J'ai hâte de pouvoir me procurer la suite, en espérant davantage de suspense.

samedi 29 juillet 2017

[L'étagère à mystères] Amnesia t1 - Jennifer Rush

376 pages (Editions Albin Michel – collection Wiz) - 4.5/5



Dans le sous sol d'une ferme à l'écart vivent quatre garçons génétiquement modifiés pour être plus forts, plus rapides, plus intelligents. Sans souvenirs de leur passé, ils portent d'étranges cicatrices en forme de lettres dont eux-mêmes ignorent le sens. L'un d'eux, Sam, ne faisant ni ne disant jamais rien au hasard, attire irrésistiblement Anna, la fille du scientifique qui pilote le projet. Quand la mystérieuse Agence à l'origine de l’expérience veut les récupérer, les garçons se révoltent, Sam en tête. Contre toute attente, le père d'Anna la pousse à fuir avec eux. Sans savoir où aller ni comment retrouver leurs vies d'avant, les voilà en cavale, avec une invitée de dernière minute, Anna qu'ils connaissaient bien mais dont ils se méfient...



« Nous échangeâmes un regard lourd d’hésitation et de sous-entendus.
Je m’approchais dangereusement d’une frontière que Sam avait érigée
avec briques, ciment et panneaux « Accès interdit ». »


En bref... je ne savais rien de ce livre, et j’ai été agréablement surprise ! Entre manipulation génétique et romance interdite, tous les éléments sont réunis pour une lecture étonnante : univers intrigant, histoire avec suspense et révélations, et personnages attachants.


J’avais déjà vu ce livre passer sur quelques blogs, mais j’avoue que la couverture ne m’avait jamais attirée plus que ça... Je lui ai finalement donné une chance en voulant vider un peu ma PAL. Et waouh ! Ce livre est une tuerie, avec tous les éléments pour me plaire réunis. D’abord, l’univers posé est très bien imaginé : un scientifique et sa fille s’occupent de garçons étant les cobayes d’une expérience. J’ai beaucoup aimé tout ce que le début du livre permet de découvrir, que ce soit l’amorce de l’intrigue, la personnalité d’Anna ou les relations qui existent entre Anna et les garçons, et ces derniers entre eux. Tout ça me donnait toujours envie d’en lire plus, sans m’arrêter ; on sent tout de suite que tout n’est pas aussi clair qu’il y paraît, un mystère plane autour de l’Agence et de l’expérience scientifique. L’intrigue est vraiment bien ficelée, pleine de détails, avec des rebondissements pertinents, et de véritables surprises ! Certains éléments s’apparentent davantage à la science-fiction qu’au thriller, mais tout paraît finalement logique et trouve son explication ; il n’y a pas de chaînon manquant.

Ainsi, le style est fluide, il favorise l’effet de surprise et, par le point de vue d’Anna, on comprend vraiment ce qu’elle ressent. Cela permet aussi de s’attacher complètement à elle. En effet, la vie d’Anna, son univers, ses repères : tout est chamboulé par ce qu’elle découvre ; elle est on ne peut plus attendrissante. D’ailleurs, l’ensemble des personnages principaux est adorable, chacun à sa manière. Les quatre garçons ont chacun leur personnalité, et je dois avouer que j’ai –évidemment– une préférence pour Sam et Nick, respectivement le mystérieux boyfriend idéal et le badboy. Un autre personnage que j’ai beaucoup aimé est le père d’Anna ; je m’attache facilement aux personnages partagés entre devoir et sentiments, et il en est l’exemple parfait !

Il m’a cependant manqué un petit quelque chose en plus, ce détail qui change tout : oui, j’ai été surprise, et plus d’une fois, tenue en haleine, j’ai été touchée par les personnages, mais je suis parfois restée un peu spectatrice de tout ce qui leur arrivait. A certains moments, je pouvais être émue, mais à d’autres pas du tout, alors que l’on sent la même tension. De même, certains moments (comme la fin) m’ont paru un peu rapides...

Ce livre frôle donc le coup de cœur : j’ai adoré, mais, à cause de quelques déséquilibres, il m’a manqué la petite étincelle supplémentaire qui me bouleverse complètement, qui me touche le tréfonds de l’âme.

mardi 25 juillet 2017

[L'étagère à mystères] Réseau(x) t1 - Vincent Villeminot

448 pages (Editions Nathan) – 1/5





La guerre est déclenchée, sur le web et dans le monde réel. Sur les réseaux chacun pensait connaître chacun. Chacun surveillait, espionnait, aimait chacun. Mais désormais, trois guerres sont déclenchées, sur le web et dans le monde réel. Et Sixie est l’enjeu, le butin, le gibier de tous les combattants.





« La seule manière de ne pas avoir peur est de faire de tout ça un jeu. »


En bref... ma lecture a été difficile, tout d’abord parce que je ne comprenais rien à ce qui se passait, l’intrigue est décousue à cause du changement de points de vue trop rapides, et les personnages peu attachants.


Le premier mot qui me vient en tête pour qualifier ma lecture est : laborieuse. En effet, cette lecture a été difficile et a traîné sur la durée, alors que rien ne semblait a priori m’entraver. Dès que je l’ai commencé, j’ai eu du mal : l’univers imaginé est assez complexe, le réseau social est intéressant, mais les chapitres ne font que quelques pages (4-5) et sont divisés en plusieurs parties, chacune abordant un point de vue différent... bref, j’ai vite été perdue, surtout que les personnages ne sont pas connectés entre eux au début. Cela explique que je n’aie pas vraiment eu envie de me plonger dans ce livre pendant de longs moments. Par obligation (l’échéance de la bibliothèque arrivant à grands pas), j’ai fini tant bien que mal ce premier tome. Au final, j’ai préféré la fin du livre au début : les intrigues séparées se relient enfin les unes aux autres et forment une histoire plus cohérente.

C’est donc là le plus gros point négatif du livre : l’intrigue. L’univers développé est pourtant original, autour d’un réseau social divisé en deux parties, publique et privée, et de films adaptés de rêves publiés par les membres. Les différents scenarii sont intéressants aussi, bien trouvés.

Les personnages sont particuliers. A cause du changement de points de vue, on n’a pas trop l’occasion de découvrir leur personnalité, ni de s’attacher à eux. Sixtine est vraiment mystérieuse ; hormis qu’elle est torturée par ses cauchemars, ce personnage est assez insipide. Theo Chaplin est beaucoup plus intéressant, d’autant qu’il est partagé entre différentes responsabilités, et Justine est à la rigueur intrigante, même si je n’ai pas réellement compris son implication. Les deux policiers m’ont assez plu, mais les autres ne m’ont vraiment pas marquée. Il y a juste un élément qui m’a dérangée : les Nadas, parce que je n’ai pas vraiment compris leur rôle.

Le dénouement est un peu étrange, précipité, et sans réelle tension – paradoxal dans un thriller, non ? Ce tome a remporté un prix mais, en ce qui me concerne, je n’ai vraiment pas été convaincue, à cause d’innombrables incompréhensions... Si vous lisez ce livre, n’hésitez pas à me dire ce que vous en aurez pensé !

samedi 3 juin 2017

[L'étagère à mystères] NEED - Joëlle Charbonneau

316 pages (Editions Milan) - 4.5/5


Les adolescents du lycée de Nottawa se réunissent tous sur NEED, un nouveau réseau social qui leur promet de répondre à leurs besoins sous couvert d’un total anonymat, quels que soient ces besoins… et quelles qu’en soient les conséquences. Car, c’est bien connu, on n’a rien sans rien. Et si au départ la contrepartie semble dérisoire, il y a bientôt des morts dans la petite communauté...



« Des milliers de choses qu’on n’aurait jamais le courage d’affronter ou de regarder en vrai nous semblent sans importance sur notre écran. »


En bref... cette lecture a été nerveusement éprouvante, et tout autant addictive : si l’intrigue posée par ce thriller concerne les lycéens d’une petite ville, la multiplicité des points de vue est la bienvenue car elle donne cette sensation de nombre, de foule, et d’imprévisibilité. Les personnages sont assez difficiles à décrypter, ce qui fournit sans cesse des rebondissements qui empêchent le lecteur de lâcher le livre. Au final, le dénouement est bien expliqué et reste crédible. La leçon apportée par cette histoire est vraiment bonne, ce qui fournit au livre une dimension plus profonde et fait de lui un incontournable que tout amateur de réseaux sociaux devrait lire pour en connaître les dangers.


Cette lecture m’a totalement emportée dans la petite ville de Nottawa. Au final, ce thriller est un huis-clos impliquant tous les lycéens de la ville, manipulés à l’extrême par un site Internet qui leur fournit la moindre de leurs désirs, et non leurs besoins, en échange d’un petit service. On voit dès à présent la limite de ce système : comment un réseau social peut-il fournir des cadeaux, à moins que quelqu’un ne soit derrière le système ? De plus, les contreparties dont fait mention la quatrième couverture se révèlent très ciblées, à l’encontre de personnes particulières, pour des missions personnalisées.

L’intrigue ne tarde pas à démarrer, et l’on rencontre vite le personnage principal, Kaylee, et son problème : trouver un rein pour son frère, à condition qu’il soit compatible pour une greffe. Son meilleur ami lui fait découvrir le réseau NEED, qui pourrait lui fournir ce dont elle a besoin. Sans surprise, elle s’inscrit (mais si ce n’était pas le cas, quel serait l’intérêt du livre ?)... puis, rapidement, les chapitres, très courts (une dizaine de pages pour Kaylee, quatre ou cinq pour les autres personnages), alternent entre le point de vue de Kaylee et celui d’un autre lycéen, parmi ceux qui ont une importance dans le roman. Au final, l’histoire se concentre sur une dizaine de personnages, ce qui permet vraiment de montrer comment le réseau et la tentation les affectent différemment.

On retrouve ici toute la puissance du thriller : il joue avec la psychologie des protagonistes et leurs différentes personnalités. Cependant, alors que l’on pense pouvoir tout prévoir, des révélations sont mises en lumière, ce qui bouleverse nos prévisions quant à l’identité des instigateurs de NEED. Cela est d’ailleurs renforcé par l’enquête policière qui commence et, dans la rédaction du livre, par les pages qui rythment le livre, indiquant le nombre d’inscrits sur NEED, le nombre de demandes en cours et le nombre de demandes satisfaites. Tout est fait pour créer une atmosphère assez dynamique mais oppressante (on n’oublie pas les chapitres courts qui font accélérer la lecture), propice au thriller et qui rend la lecture impossible à arrêter. Assez vite, vers la moitié du livre, j’ai deviné l’identité des coupables (et j’avais vu juste), mais leurs motivations étaient intéressantes à connaître ; d’autres éléments que je ne peux dire sans vous spoiler incitent également à attendre la fin avec impatience.

En somme, tout est bien expliqué, et un élément justifie le passage de l’intrigue de la simple fiction au rang d’expérience plausible. Très bien fait. Certes, cela n’en reste pas moins un livre pour adolescent, donc les réactions sont parfois assez immatures, peu réfléchies, mais c’est également le but du livre. L’écriture est adaptée à ce public ; malgré les différents nœuds, l’intrigue reste structurée et simple ; le dénouement est prévisible. J’ai eu du mal à m’attacher à certains personnages, dont le personnage principal ; Kaylee est trop sûre d’elle et ennuyeuse (autant pour les autres personnages que pour le lecteur) mais c’est elle qui porte l’intrigue par son acharnement. Nate est un personnage assez surprenant mais certaines révélations qui reflètent parfaitement une situation identique dans la réalité me l’ont rendu décevant. Au final, le personnage que j’ai préféré est Tyler parce qu’il se révèle sur la fin ; il se découvre de nouveaux traits de caractère et il évolue réellement.

Enfin, je tiens à parler du message que porte ce livre : le danger des réseaux sociaux. Okay, dis comme cela, ça fait tout de suite paranoïaque. Le plus important est, je trouve, l’influence des réseaux sociaux sur le comportement IRL (in real life) –tiens, c’est aussi le titre d’un livre de ma PAL de juin... Je ne sais pas si le but de l’auteur était de dénoncer l’omniprésence des réseaux sociaux qui coupent parfois les gens de la réalité, car elle n’en fait pas mention dans sa page de remerciements ; contrairement à ce à quoi je m’attendais, elle n’explique pas son choix de sujet dans ce livre. Pourtant, c’est un livre puissant car il atteint des extrêmes et, aujourd’hui, il sert de sensibilisation à travers toute la violence qu’il montre. Un livre qui fait réfléchir en somme – au-delà de l’intrigue du livre, j’entends !

lundi 15 mai 2017

[L'étagère à mystères] La Chimiste - Stephenie Meyer

600 pages (Editions JC Lattès) – 5/5

Traquée par ses anciens employeurs, Alex se cache de ceux pour qui elle constitue une menace. Alors qu’elle travaillait en tant que chimiste réputée pour ses techniques efficaces d’interrogatoire, elle a appris nombre des plus sombres secrets des Etats-Unis. Mais, quand elle reçoit une invitation qui lui permettrait de retrouver une vie « normale », elle flaire le danger mais la tentation est grande : ce qu’elle va découvrir par la suite va la convaincre de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce qui la menace.


« Je suis la princesse des ténèbres ! Je fais peur aux gens,
à des gens qui pourtant n’ont peur de rien, même pas de la mort. Parce que je peux tout leur prendre, jusqu'à leur dignité, leur faire renier ce en quoi ils croient le plus.
Je suis l'incarnation du mal, une abomination. »


En bref... ce livre est une pépite que je suis ravie d'avoir découverte. Après les émotions que Les Âmes vagabondes m'avaient procurées, j'étais impatiente de retrouver la plume de Stephenie Meyer, qui ne m'a en aucun cas déçue, dans ce nouvel univers peu présent dans ma bibliothèque.


Après Les Âmes vagabondes, Stephenie Meyer parvient avec succès à nous transporter dans un autre univers - bien que celui-ci soit issu du monde réel, ce dont on puisse parfois douter au vu des événements incroyables qui se déroulent : torture, services secrets, complots à grande échelle… Mais que savons-nous réellement de ce que les autorités font d'illégal à l'insu du public ? Au final, l'histoire est très crédible.

Cela est sûrement dû au fait qu'elle est portée par trois personnages principaux très attachants ! Trois personnages… un triangle amoureux ? Si cela a été ma grande peur lors de l'apparition du troisième personnage, j'ai vite été rassurée : pas de triangle amoureux, toujours très ennuyeux ! Ainsi donc, les trois personnages principaux sont très attachants, chacun à leur manière. Kevin par son côté rustre mais également professionnel, expérimenté et autoritaire. Alex, dont on suit le point de vue, qui se montre paranoïaque et détachée pour dissimuler ses peurs, mais en même temps déterminée à en finir ; cela donne un côté réaliste à l'histoire : après plusieurs années de fuite, il paraît évident que le personnage en ait marre de vivre ainsi. Enfin, Daniel est le gentil personnage : sa naïveté est à la fois son point fort et son point faible. Point fort car cela marque un contraste net avec les dangers et les événements qui menacent nos protagonistes, et, cela faisant partie d'une action dans l'ombre, Daniel n'a pas connaissance des mesures à prendre pour survivre, même si, au fil des pages, on voit peu à peu une prise de conscience et une résignation de son côté. Point faible, car cette évolution du personnage est très -trop- longue à émerger ; si d'abord on le plaint pour ce qui lui arrive sans n'avoir rien demandé, on a juste envie de le secouer quand il devient clair qu'il est impliqué dans l'histoire. En somme, les personnages sont certes un peu caricaturaux, ils apportent la part humaine de l'intrigue pleine d'action.

En revanche, des personnages inhabituels comme Einstein et Lola apportent une réelle surprise à l'histoire : les chiens de Kevin élevés pour l'espionnage. Pour le coup, leur intelligence surdéveloppée est un peu incroyable, mais il y a certes des chiens dans les forces de police, formés aux tâches - et je ne suis pas experte de l'intelligence canine.

Ma lecture de ce roman a été paradoxale, oscillant entre envie de tourner les pages plus vite de par son addictivité et envie de savourer les détails apportés à l'histoire. En effet, ce qui m'a le plus marquée au cours de ma lecture a été cette précision dans les descriptions ET dans les actions. Ainsi, les phases descriptives comme la pose de pièges ou la préparation des plans en deviennent dynamiques et les parties au contraire d'action, naturellement dynamiques, gagnent en réflexion et en froideur, en parfaite adéquation avec l'univers de l'espionnage. Cette manière de me tenir en haleine sur l'ensemble de l'intrigue est d'autant plus remarquable que le roman est écrit à la troisième personne, forme à laquelle j'ai du mal à adhérer en général. Pour autant, je me suis sentie pleinement impliquée dans l'intrigue en raison, pour me répéter, du personnage d'Alex plein de forces et de faiblesses, de son côté humain et des émotions que procurent en général l'ensemble des personnages, et aussi par cette écriture si minutieuse. Il faut ajouter à cela la précision technique qui ponctue la lecture. Le titre, La Chimiste, traduit à merveille ces moments où Alex fait usage de ses outils de torture… douce n'est apparemment pas le terme, mais plutôt délicate, par opposition à la boucherie que la torture évoque par habitude en terme de torture physique. En effet, Meyer utilise volontiers les gaz et produits médicaux comme des armes, et, à défaut de pouvoir vérifier la véracité des effets produits, l'impression générale qui ressort de cette utilisation est le professionnalisme ; ainsi, à aucun moment avons nous du mal à croire que Alex, ou plutôt Juliana Fortis, est une chimiste bardée de diplômes. Cela est renforcé, suite à la lecture des remerciements de Meyer, par la recherche effectuée en amont par l'auteur pour écrire le roman : elle a en effet consulté nombre de spécialistes de différents domaines, afin de rendre l'histoire plus crédible et réaliste - ce qui fonctionne pour moi !

Dans cette intrigue pleine de rebondissements et au cours de laquelle je ne me suis pas du tout ennuyée, la partie qui m'a le moins plu, à ma grande surprise, a été la dernière partie consacrée à la réalisation du plan élaboré pendant les deux tiers voire trois quarts du livre : il y a certes de l'action, les événements sont devenus plus confus, brouillons, et aussi moins intéressants. Mais, moi qui aime particulièrement les épilogues, celui-ci est vraiment bon, ce qui rattrape les pages précédentes qui me laissent un sentiment mitigé.