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lundi 5 mars 2018

[L'étagère romantique] Open minded - Lisa Soto

401 pages (Auto-édition) – 4/5


Lucie, lycéenne renvoyée de sa dernière école, arrive un matin de décembre dans la classe de terminale de Matth, jeune anglais vivant en France depuis deux ans. Tout sourit à ce dernier. Virtuose, très bon élève, il est entouré de parents compréhensifs et d'amis partageant la même passion que lui. Sa relation avec Marie, sa petite amie, lui convient parfaitement.
Lucie est en apparence son exact opposé. Un drame l'a blessée au plus profond d'elle-même et depuis elle s'enfonce dans une spirale néfaste. Elle se ferme totalement aux autres, ne laissant personne l'approcher, n'accordant plus sa confiance de peur de souffrir à nouveau. 
Matth est là où elle ne l'attend pas, la pousse dans ses retranchements. Il réveille une à une les émotions qu'elle croyait mortes et enterrées. 
Matth va tenter de la sauver grâce à la chose qu'il maîtrise le mieux : la musique. 
Une histoire d'amitié et d'amour qui aborde la perte d'un proche, le suicide et le mal-être des adolescents.


« Est-ce que Matth serait ma rédemption ? Ma porte de sortie face à mes problèmes ?
Il n’a même pas besoin d’être là pour m’aider. Il a suffi qu’il pense à moi. »


En bref... résumer mon avis est difficile, mais le maître mot est : SURPRISE ! Surprise concernant l’intrigue, mais aussi surprise concernant mon ressenti en cours de lecture. Une belle histoire dont on ne peut sortir inchangé(e) !

samedi 18 novembre 2017

[L'étagère contemporaine] Sous le même ciel - Erika Boyer

369 pages (auto-édition) – 4.5/5



Alejandro n’a eu d’autre choix que de suivre ses parents qui ont décidé de quitter l’Espagne pour s’installer en France. Taciturne et introverti, il a peur de ne pas réussir à trouver sa place dans ce nouvel environnement et s’inquiète que ses différences l’empêchent de se faire des amis.

Mais ses craintes se meurent lorsqu’il rencontre son voisin, Hugo. Jovial et chaleureux, ce dernier aime l’accent hispanique du garçon d’en face, tout autant que son prénom et ses étonnants cheveux longs. Alors, aussi vite que le permet l’innocence de leur jeune âge, les deux enfants se lient d’amitié.

Sous le ciel de la Ville d’Hiver, Alejandro et Hugo deviendront des hommes. Ils découvriront l’amitié et l’amour, et embrasseront la vie pour en comprendre le véritable sens.


« Je n’aurais jamais assez de mots pour te dire combien je t’aime. 
Tu comptes plus que tout, plus que le ciel lui-même. »


En bref... une lecture surprenante et bouleversante qui a frôlé le coup de cœur, en raison de personnages attachants, d’une intrigue avec une réelle évolution et d’une plume à vous faire monter les larmes aux yeux.

dimanche 10 septembre 2017

[L'étagère dramatique] Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal

205 pages (Editions Sarbacane) - 4/5


Matt a un projet fou : refaire avec son grand-père Gary la tournée d’un crooner mythique des années 50, Pat Boone. Un road-trip pour rattraper au vol les souvenirs qui s’échappent…

Mais rien ne se passera comme prévu ! Peu avant le départ, Matt apprend qu’il est le père d’une petite Amber de 18 mois – et qu’il doit s’en occuper pour quelques semaines. À l’aéroport, une tornade s’annonce : les avions ne décollent plus. Matt, Gary et le bébé grimpent à bord d’un van de location… et, ultime surprise, deux personnes les rejoignent : Luke, ado en fugue, et Antonia, trentenaire prête à changer de vie.

Tous ensemble, ils font cap vers l’Ouest du pays. Arizona, Californie, Nevada, sur la piste du passé, des souvenirs et autres histoires bien vivantes. On les suit, d’étape en étape, tandis qu’ils commencent à former une tribu bancale, une petite famille folle et joyeuse, réunie autour de Gary.


« On a tous laissé quelque chose en partant. Toi, gamin, t’as laissé quoi derrière toi ? »


En bref... la lecture de ce livre m’a fait du bien. L’histoire est pleine d’espoir, les personnages sont attachants et certaines phrases m’ont collé les frissons et la larme à l’œil. Alors même si ce n’est pas un grand coup de cœur pour quelque chose de transcendant, je me souviendrai de la douceur avec laquelle le livre m’a transportée dans un ailleurs plus beau que la réalité.


Même si ce livre est axé jeunesse, tout le monde est capable d’apprécier la couverture, à la fois élégante et pleine de douceur. Le titre aussi provoque le même effet ; rien que ça, et je ressens déjà les ondes feel-good du livre. Cela se confirme par la lecture de ce petit livre – lecture rapide au vu de la longueur, mais qu’il vaut mieux faire prolonger pour l’apprécier pleinement.

Si l’intrigue n’est pas trépidante (il ne se passe pas grand chose à vrai dire, si ce n’est les étapes de leur road trip), l’intérêt du livre se comprend par les personnages et les changements que la rencontre provoque en eux et entre eux. Certaines scènes sont en effet touchantes ; cela passe souvent par des petites phrases distillées ici et là dans le livre et qui sont BOULE-VER-SANTES ! Et, les trois quarts du temps, elles concernent les relations entre les personnages.

La fin m’a partiellement surprise ; elle est logique, elle pouvait être envisagée, mais je ne pensais pas que l’auteur opterait pour un tel dénouement. Après coup, on se rend compte qu’elle est parfaite pour garder cette douceur et le bien-être que cette lecture procure. Egalement, on peut mentionner la morale du road trip, qui m’a beaucoup fait rire : ne jamais idolâtrer quelqu’un que l’on ne connaît pas réellement !

Mais, ce qui m’a le plus émue est le chemin intérieur que chaque personnage parcourt, dont le road trip est la métaphore. Chaque personnage a une histoire unique, mais tous vont changer suite à leur aventure collective. Je serais incapable de vous dire quel personnage m’a le plus touchée ; je pense que cela se joue plutôt en groupes. Matt et sa fille sont mignons ensemble ; même s’il débute le livre, il n’est pas très présent dans le reste de l’intrigue. En revanche, sa relation avec Gary est extra : malgré la maladie, Gary semble toujours aussi proche de Matt. On en arrive alors aux deux relations que j’ai préférées ! D’abord, Luke et Antonia : j’ai beaucoup aimé la façon dont ils se comprennent sans trop se parler, dont ils semblent complémentaires. Les deux sont différents, et pourtant ils transmettent des émotions chaleureuses. Ensuite, Luke et Gary est probablement mon duo préféré : Luke est comme le petit-fils spirituel de Gary et, même si l’on sent bien que Matt est vraiment de la même famille que Gary, lui est plus familier, Gary souhaite sincèrement aider Luke à se trouver lui-même.

Un thème essentiel du livre est la maladie d’Alzheimer. On connaît les ravages qu’elle peut faire, ainsi que les différentes façons dont elle peut affecter les individus. Chez Gary, on la perçoit progressivement au fil des pages ; elle est abordée de façon réaliste, étant ainsi au cœur des scènes les plus dures et les plus dramatiques. Malgré cela, j’ai aimé la façon dont le sujet est traité. Alors que, dans la plupart des livres abordant la maladie, le thème est dramatisé, ce petit livre donne espoir ; surtout, il incite à ne jamais perdre espoir, car, comme Gary, on reste toujours maître de son destin.

Enfin, le dernier point dont je souhaite parler est le style d’écriture. J’avoue ne pas avoir été emballée au début, parce qu’il faut savoir que c’est un style indirect libre et que le récit est narré à la troisième personne ; les deux combinés, je n’aime pas tellement. Puis, à partir du moment où, dans certains passages, les mots ont été vecteurs d’une telle quantité d’émotions, je n’ai pu qu’accepter le fait que le style d’écriture colle parfaitement à l’histoire et à sa douceur : laissez-vous transporter par cette lecture !

lundi 21 août 2017

[L'étagère dramatique] Le dernier jour de ma vie/Before I fall - Lauren Oliver

450 pages (Editions Hachette – collection Black Moon) - 4/5


Et s’il ne vous restait plus qu’un jour à vivre ? Que feriez-vous ? Qui aimeriez-vous embrasser ? Et surtout à quel sacrifice seriez-vous prête pour changer votre destin ?

Samantha Kingston a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une cote de popularité illimitée. Ce vendredi de février aurait dû être un jour comme les autres. Un jour parfait dans une vie de rêve. Mais ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Pourtant elle va obtenir une deuxième chance. Ou plutôt six chances. Six jours pour démêler le mystère entourant sa mort. Six occasions de découvrir la vraie valeur de tout ce qui l’entoure. Ce vendredi est le dernier jour de la vie de Sam. Ou le premier ?


« Tant de choses deviennent belles quand on sait les regarder... »


En bref... si le début est un peu long et plat, l’intensité monte crescendo et amène de plus en plus à la réflexion, avec des journées plus intéressantes les unes que les autres. L’héroïne qui est le centre du roman évolue réellement du début à la fin. C’est donc un très bon moment que j’ai passé !


Je ne sais pas à quoi je m’attendais. En tous cas, pas à ressortir aussi chamboulée de ma lecture. Au début, l’intrigue est banale, et les filles pas vraiment intéressantes car on les voit comme superficielles, Sam, la narratrice, y compris. En somme, ce sont les trois premières journées qui sont un peu ennuyeuses, mais le tout se lit rapidement, grâce à un style assez fluide. Après cela, chaque journée devient réellement différente, et très intéressante. On découvre réellement différentes facettes de la personnalité de Sam, qu’elle dissimulait jusque-là, et qui sont en réalité sa vraie personnalité.

C’est également dans ces dernières journées qu’intervient la phase de réflexion ; jusque-là, Sam se demandait surtout pourquoi cela lui était arrivé à elle, si elle était toujours en vie, comment elle pouvait sortir de son état. En somme, tous ses questionnements étaient encore concentrés sur sa propre personne. Puis, ils se sont peu à peu élargis à différentes personnes de son entourage, sur qui son comportement a un incident (en particulier ce jour-là). Enfin, j’ai adoré quand elle a pris conscience de ce qu’elle devait faire ; on se rend compte qu’il y a du bon au fond d’elle, qu’elle cherche à faire ce qu’elle croit juste, même si cela n’est pas toujours le cas. Elle apprend de ses erreurs, et c’est ce qui intensifie la tension dramatique jusqu’au dernier jour.

Car voilà, si le début ne m’a pas forcément touchée, le septième jour m’a tout simplement bouleversée, et ce dès la première page. On sent qu’il s’agit de la fin ; elle fait des adieux. La scène avec sa sœur a fait couler mes premières larmes, et cela ne s’est pas arrêté. Toute la fin de ma lecture a été assez larmoyante, car j’ai été émue par la façon dont Sam a évolué, la justice et la justesse de ses actions. Cela ne change en rien son destin, mais celui de tous les autres personnages, oui !

J’ai donc adoré le personnage de Sam, d’abord parce que l’on suit l’intrigue de son point de vue, et c’est elle qui conduit cette réflexion si intéressante sur le sens de la vie et la valeur de chacune de nos actions ; de plus, elle s’amende, évolue. Les autres personnages n’ont pas la possibilité de modifier leur destin et restent bloqués dans un perpétuel jour présent. Cependant, depuis le début, c’est le personnage de Kent qui m’a le plus touchée. Certes, ce personnage est assez cliché, mais il redonne espoir face à tous les personnages masculins comme le copain de Sam. Le dernier personnage marquant est Lindsay ; elle est l’exemple même de la fille nombriliste qui a l’habitude que tout le monde lui obéisse au doigt et à l’œil. Ce qui m’a posé problème avec elle est que, d’abord, je n’ai pas compris comment Sam pouvait être la meilleure amie d’une telle personne, et je doute que s’il lui arrivait de vivre la même expérience que Sam, elle change...

Je vous recommande donc pleinement ce livre, qui m’a bien fait réfléchir, en plus de m’avoir fait passer un bon moment. J’ai hâte de voir ce que l’adaptation peut donner !