vendredi 18 mai 2018

[L'étagère fantastique] Kaleb t1 - Myra Eljundir

456 pages (Editions Robert Laffont – Collection R) – 3/5




À 19 ans, Kaleb Helgusson se découvre empathe : il se connecte à vos émotions pour vous manipuler.
Il vous connaît mieux que vous-mêmes. Et cela le rend irrésistible. Terriblement dangereux. Parce qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer. À la folie. À la mort.

Sachez que ce qu’il vous fera, il n’en sera pas désolé. Ce don qu’il tient d’une lignée islandaise millénaire le grise. Même traqué comme une bête, il en veut toujours plus. Jusqu’au jour ou sa propre puissance le dépasse et ou tout bascule… Mais que peut-on contre le volcan qui vient de se réveiller ?



« Le Bien et le Mal ne sont pas si différents.
Ce sont des frères jumeaux qui s'épanouissent différemment.
Le Bien peut aussi devenir le Mal. »


En bref... c’est une lecture très surprenante que j’ai effectuée : les personnages sortent réellement des sentiers battus, mais cela rend plus difficile de s’attacher à eux, tout comme l’intrigue ne se révèle qu’au fil des pages, ce qui a plus d’une fois manqué de me faire abandonner ce premier tome.



J’avais lu en LC avec Chloé, Marion et Louise le premier tome de Kaleb, de Myra Eljundir. C'est une lecture en demi-teinte, à cause d'un début assez long et d'un personnage auquel il m'a été difficile de m'attacher car il manquait de nuances. Par la suite, une autre intrigue se développe, davantage tournée vers un mélange de mystique et de science-fiction. Cette partie est beaucoup plus complexe et a davantage suscité ma curiosité.

Sans la LC, j’aurais abandonné bien avant ma lecture ! Il ne se passe vraiment rien au début et je n’arrivais pas à accrocher à l’histoire : les quelques actions que faisait le personnage me dégoûtaient, toutes plus amorales les unes que les autres, j’avais du mal à le comprendre. De plus, le style d’écriture ne ressemble pas du tout à ce que j’ai l’habitude de lire, comme plus cru, direct, haché, abrupt, moins travaillé en apparence.

Mais peu à peu, on s’est détaché de l’intrigue centrée sur le quotidien du personnage, le fantastique a pris une plus grande part, des révélations inattendues ont fait leur apparition. L'introduction de nouveaux personnages m'a également permis de changer mon opinion sur le personnage principal. J'ai également compris la démarche de l'auteur, passant à travers son style d'écriture : l'ajout de personnages a conduit à un changement de style, qui s'adapte au personnage narrateur, et cela ajoute une richesse au livre.

J’ai ainsi particulièrement apprécié le personnage féminin que l’on rencontre dans la seconde moitié du livre, en particulier en raison de sa personnalité. Alors que Kaleb paraît foncièrement mauvais, malgré des hésitations qui surgissent au fur et à mesure de l’intrigue, la jeune femme est parfois contradictoire, ce qui la rend à mon sens plus intéressante.

J’ai donc eu l’impression que tout sentiment était instillé directement par l’auteur, qui avait anticipé les réactions du lecteur : elle a justement joué sur les personnalités des personnages, les styles de narration, pour nous guider volontairement vers l’interprétation qu’elle voulait que le lecteur ait. Et donc tout cela témoigne d’un travail minutieux, et d’une réelle intention, sans place au hasard : on en vient à douter de plein d’éléments, à se poser de nombreuses questions.

En somme, même si ma lecture a été laborieuse au début, il est indéniable que je lirai la suite, au vu des révélations finales qui se succèdent. Je recommande ce livre pour l'originalité qu'il apporte, notamment par la mise en scène d'un personnage principal tourné vers le Mal, et pour la morale qu'il enseigne dans sa thématique de la frontière entre le Bien et le Mal, notions pas aussi manichéennes que l'on pourrait le croire.

2 commentaires:

  1. J'ai eu à peu près le même ressenti : du mal à m'attacher aux personnages, et j'ai trouvé des maladresses de l'auteure justement sur le côté moral ou non des personnages, trop fouillis et pas assez clair (même si on comprend qu'elle veut entretenir cette ambiguïté). La fin donne envie d'en savoir plus mais je pense que je l'emprunterai plutôt que de l'acheter ^^

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    1. Je suis d'accord en tout point (je l'ai pris en ebook car je ne l'ai pas trouvé à la médiathèque) !

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