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mardi 6 mars 2018

Top Ten Tuesday #38

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre Top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog de Frogzine, où vous pouvez retrouver le récapitulatif des liens.

Cette semaine, le thème est :
10 faits à propos de moi (vous)

C'est un thème qui ne va pas parler uniquement lecture. Je ne sais même pas si cela va vous intéresser ou non, notamment du fait que les personnes qui suivent mon compte Instagram sauront déjà la plupart de ces faits. C'est parti !

mardi 23 janvier 2018

Top Ten Tuesday #32

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre Top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog de Frogzine, où vous pouvez retrouver le récapitulatif des liens.

Cette semaine, le thème est :
Les 10 meilleurs romans post-apocalyptiques / dystopiques


Vous le savez sans doute à présent : la dystopie est un de mes genres de lecture favoris, ainsi que la SF post-apocalyptique ! Et vous imaginez donc bien qu'il m'est difficile d'en choisir certains en particulier... Mais je vais essayer !

vendredi 3 novembre 2017

[L'étagère dystopique] La loi de Gaia - Caroline Giraud

400 pages (auto-édition) - 4.5/5


Article 1 : Les survivants du pays détruit par l'explosion nucléaire sont déchus de leur humanité et doivent porter un tatouage permettant de les identifier. Chaque tatouage représentera un animal symbolisant le crime commis. Un loup pour le meurtre, un lion pour le viol, un renard pour la torture et un tigre pour le rapt d'enfants.

Article 2 : Les tatoués seront distribués aux familles et amis des victimes pour leur permettre de se venger de leurs crimes. Un maître a tous les droits sur son tatoué, excepté celui de le tuer. Il peut le battre, l'exploiter, le revendre, l'enfermer, etc.

Article 3 :Toute atteinte d'un tatoué sur un civil sera punie par un emprisonnement à vie dans un camp de torture.

Paris croule sous les bombes et les fusillades depuis que Kagan Közul est revenu se venger de ceux qui l'ont injustement envoyé en prison cinq ans auparavant. Des trois coupables, il n'en reste plus que deux : Sarah et Milian se haïssent, mais à présent ils doivent survivre, ensemble.


« Ne pas être un monstre ne signifie pas qu’on est complètement innocent. »


En bref... c’est une dystopie originale qui m’a fait passer un bon moment, malgré une narration particulière qui m’a longtemps laissée détachée d’une des deux protagonistes. Au final, c’est un roman très bien ficelé que j’ai pris plaisir à lire !

lundi 30 octobre 2017

[L'étagère dystopique] Les Chroniques lunaires t1 - Marissa Meyer

412 pages (Editions Pocket Jeunesse) – 4/5


À New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire un paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare les robots et sa famille adoptive. À seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches les plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.


Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie –son seul ami–, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !

Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains.


« Ce fut plus fort qu’elle. Elle se tourna vers lui.
Ses défenses s’effritèrent devant la franchise qui se lisait dans les yeux bruns du prince.
Sa prestance avait cédé la place à l’inquiétude. Au doute.
– Deux cent mille jeunes filles célibataires, répéta-t-il. Alors pourquoi pas vous ? »


En bref... j’ai largement préféré cette relecture, qui m’a, cette fois, donné envie de poursuivre la saga, notamment en raison d’un univers riche et d’un style fluide, malgré des personnages qui m’ont ici, peu enchantée.

mercredi 16 août 2017

[L'étagère dystopique] La Sélection t1 - Kiera Cass

360 pages (Editions Robert Laffont – collection R) – 5/5



Trois cent ans ont passé et les États-Unis ont sombré dans l'oubli. De leurs ruines est née Illea, une monarchie de castes. Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne.
Elles sont trente-cinq jeunes filles: la "Sélection" s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du prince Maxon, l'héritier du trône.
Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l’œil des caméras...
Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés...


« Quelque part dans ce palais, il y a une jeune fille que vous allez épouser.
Peut-être ne savez-vous pas encore à quoi elle ressemble, mais pensez aux candidates dans cette pièce. Imaginez celle qui vous aime plus que toutes les autres.
Imaginez celle qui vous sera la plus chère. »


En bref... cet univers dystopique est vraiment original, moins cruel que la majorité. Les personnages sont attachants et l’histoire m’a émerveillée ! Un agréable moment dans un décor enchanté, un véritable coup de cœur !


Peu importe le nombre de fois que je relis ce livre, j’aime toujours autant me plonger dans cet univers ! Les pages se tournent à une vitesse incroyable, sans qu’à aucun moment je ne ressente de l’ennui ou des longueurs. Au début certes, l’intrigue met un peu de temps à s’installer, lorsqu’elle est encore dans sa province, alors que l’on sait d’avance qu’America fera partie de la Sélection – la logique et la quatrième de couverture auront déjà trahi cette nouvelle. Mais, par la suite, les divers événements et rencontres avec le prince ponctuent le roman,  chacune unique et soit drôle, soit touchante, parfois même les deux.

La dystopie n’est pas très présente dans ce tome, ce qui en fait une lecture légère, sans prise de tête que j’adore relire. Le côté dystopique de la série s’étoffe au fil des tomes, mais ce premier reste mon préféré : j’aime la personnalité d’America et son indécision qui n’est pas encore agaçante, ainsi que le côté télé-réalité qui, comme vous le savez, est un sujet dont je raffole en littérature. Donc, certes, la série dans son intégralité est une dystopie, ce tome-ci est surtout une romance jeunesse dans un décor de conte de fées ! Malgré tout, on voit tout de suite le côté désanchanté de l’univers : d’un côté, on voit la royauté mais, de l’autre, les trente-cinq jeunes filles sont issues du peuple et des différentes castes qui le composent, chaque caste déterminant la vie menée par ses partisans. Dès le début, le système des castes est brièvement expliqué, ce qui fait qu’on entre vite dans l’univers. Il y a aussi une intrigue qui n’est que secondaire à ce stade, montrant une résistance au système en place, sous la forme des groupes de Renégats.

Concernant les personnages, America est adorable et vraiment drôle. Il est facile de s’attacher à elle, d’abord parce que le récit se fait de son point de vue et l’on comprend tout ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense ; de plus, son honnêteté, sa sincérité et sa simplicité sont une vraie bouffée d’air vrai dans l’ambiance un peu empesée du palais, la tension de la compétition, surtout à ce stade où les filles ne se connaissent pas encore véritablement. On comprend vite qu’elle est partagée entre son ancien amour pour Aspen et son amour naissant pour Maxon. En effet, on fait la connaissance d’America avant qu’elle ne fasse partie de la Sélection, nous permettant de rencontrer Aspen. Quand America rencontre Maxon, de façon explosive qui représente bien son tempérament, on s’attache rapidement au duo ; Maxon reste assez mystérieux, bien qu’on le sente réellement épris d’America. Néanmoins, l’histoire entre America et Aspen continue en parallèle, et on oublie tout ce qui se passe avec Maxon tellement Aspen se montre attentionné et possessif envers la jeune femme. Mais, après plusieurs relectures, j’avoue que je commence à avoir une nette préférence pour Maxon ; les moments dans lesquels il apparaît sont plus doux, alors qu’il est trahi en quelque sorte par America et Aspen. Les autres Sélectionnées font également leur apparition ; il y a plein de noms, de personnalités différentes, de présentations avec leur caste et on s’y perd un peu au début (plus maintenant, hein !), mais de toute façon, on se laisse emporter par l’euphorie générale, et cela n’est pas réellement gênant...

C’est une saga que je ne peux que vous conseiller, tellement tout me plaît dedans, et ce malgré un triangle amoureux, chose qui ne m’enchante pas habituellement !

mercredi 5 juillet 2017

[L'étagère dystopique] 1984 - George Orwell

408 pages (Editions Folio) - 3/5



Souriez, vous êtes filmés. Londres, 1984. Voici Winston Smith, employé au Ministère de la Vérité, chargé de réécrire l'histoire afin qu'elle s'accorde avec la version officielle. Voici les télécrans qui diffusent en permanence les messages de propagande et espionnent sans relâche chaque individu. Voici Julia, rencontrée lors des Deux Minutes de la Haine quotidiennes et obligatoires où l'on conspue le Traître Emmanuel Goldstein, qui aura maille à partir, comme Winston, avec la Police de la Pensée. Voici la novlangue qui dépouille le langage de ses inflexions subversives, qui le réduit à un rôle informatif. Et surtout, voici Big Brother, aujourd'hui passé au stade de figure mythique, symbole de la surveillance et de l'oppression totalitaire. 1984, une machine monstrueuse si habilement huilée, qui broie l'homme et les pensées, et que plus rien ne semble pouvoir enrayer. Nous n'en avons pas rêvé, Orwell l'a fait. Espérons qu'il sera le seul.
« Big Brother is watching you » Inspiré par le Londres de la Seconde Guerre, le communisme et tous les totalitarismes, 1984 est la plus époustouflante des antiutopies. Le livre, qui a rendu fameux le Novlangue (langage réduisant la capacité de pensée) ou la correction des archives historiques, évoque tant de dérapages contemporains qu'il doit être lu. pour ne pas être un jour subi.


« Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimées. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimées. »


En bref... s’il est indéniable que ce livre fait réfléchir, la lecture ne m’a pas été forcément agréable. L’univers est complexe et très riche, mais pas assez explicité au début. L’intrigue met du temps à s’installer, ce qui est un peu ennuyeux, et, en même temps, le lecteur assiste à l’éveil de la conscience chez Winston. La seconde moitié est en revanche très prenante, d’autant que l’on est dans la constante expectative des réactions des personnages, imprévisibles à cause de cet univers impitoyable.


Cette œuvre est un incontournable, un classique, un précurseur de la dystopie ; ainsi, on en retrouve tous les éléments : un univers autoritaire, un personnage baignant dedans puis qui entre dans la contestation du roman, dans le but de détruire le régime. Il y a de là de quoi discuter !

Pour commencer par l’univers, qui constitue la base du livre et le point de départ de l’intrigue, il est très complexe. Trop, même, au premier abord, et cela parce que l’auteur n’explique pas tout de suite comment est composé le Londres que l’on découvre (notamment les différents ministères, Big Brother), d’autant que l’écriture ne rend pas la lecture aisée : Orwell a créé dans ce monde une nouvelle langue, le Novlangue, censée traduire la façon de penser humaine, c'est-à-dire de manière simplifiée, ce qui passe par des mots-valises issues de la contraction d’expressions entières, de grammaire plus ou moins étrange, de mots nouveaux... pas ce à quoi je suis habituée, en somme (et vous l’aurez peut-être compris à présent, j’aime l’originalité, mais pas forcément dans le style d’écriture). Donc, j’avoue avoir eu beaucoup de mal au début. L’univers m’a fait penser à la dictature de Staline transposée à un Londres futuriste (en 1984, pour un roman publié en 1949) mais, en fait, l’inspiration première a été celle des premiers socialismes anglais.

Une fois cela posé (dans la chronologie du livre, avant, certes), on découvre le protagoniste, Winston. Comme dans toute dystopie, on s’attend à ce qu’il devienne un héros, et donc à ce qu’il y ait de l’action. Or, le début du roman est consacré à la découverte par le personnage de tout ce à quoi le régime autoritaire le prive. Et cela met du temps, beaucoup même. Les rencontres avec Julia sont plates, et n’apportent pas grand chose. Ce qui m’a fait vraiment accroché à l’œuvre est le Livre de Goldstein, celui censé incarner l’opposition au régime. Des extraits du Livre sont inclus, et la démonstration m’a beaucoup plus fait comprendre le contrôle exercé par le Parti sur la population. A partir de là, la suite et fin est intéressante (je ne dirais pas où elle se passe, au risque de vous spoiler), mais les bouleversements dans les pensées de Winston sont des rebondissements haletants. Au final, l’intrigue est centrée sur la psychologie des personnages, puisque tout a un rapport avec le contrôle de la pensée.

J’en viens ainsi à parler des personnages. D’abord Winston, que j’ai déjà amplement mentionné ; du statut de héros, j’ai ensuite pensé qu’il serait un anti-héros. Puis, à la fin, virage à 360° et l’on découvre que Winston n’est rien de tout cela. Le personnage a réellement évolué : il a commencé à douter de ce que le régime disait réellement, puis ses doutes ont été confirmés, puis le régime l’a réintégré en son sein. On assiste ainsi à travers lui à l’éveil de a conscience, puis la perversion de la pensée qui permet l’embrigadement. C’est cela qui est réellement intéressant dans ce livre, plus que l’intrigue. On comprend qu’il arrive la même chose à Julia, le personnage qui sort Winston de la torpeur dans laquelle son univers le plonge ; on n’en sait pas beaucoup sur elle, et je n’ai pas réellement apprécié ce personnage. J’aimerais également aborder la figure de Big Brother : je n’ai pas réussi à déterminer s’il s’agissait d’une réelle personne ou d’une sorte de symbole pour représenter l’ensemble des dirigeants du Parti intérieur... d’autant que Big Brother est une figure mythique de la littérature ! J’aurais donc aimé en savoir plus sur lui, qu’il ait une place véritablement active, alors qu’il se contente d’être présent, et je n’ai pas trouvé cela véritablement oppressant –pas autant que ce à quoi je m’attendais du moins.

De ma lecture, je retiens surtout les extraits du Livre de Goldstein, dont j’aurais aimé en lire davantage. Le cheminement du personnage principal est intéressant, mais un peu long, et le style d’écriture à base de Novlangue, bien qu’innovant, ne m’a pas aidée.

mercredi 7 juin 2017

[L'étagère dystopique] Black Eden - Ana Alonso & Javier Pelegrin

396 pages (Editions Milan – Collection Macadam) – 2.5/5




Martin, 15 ans, est un adolescent hors du commun. Son système immunitaire résiste à n'importe quelle maladie, Dédale, une puissante corporation qui fabrique des médicaments, le recrute. Le contrat : vivre sur une île paradisiaque avec pour seule obligation de se prêter à quelques petites expériences. Que du bonheur donc ? Pas si sûr...




« Vous ne comprenez donc pas ? Ces images, ces voix, ce ne sont pas des visions, mais des souvenirs !
-Comment ça, des souvenirs ?
- Ce sont des souvenirs du futur.
- C'est impossible. On ne peut pas se rappeler l’avenir. »


En bref... ma lecture a été assez laborieuse, et ne m’a pas enthousiasmée. Si l’univers très complexe peut être intéressant si tous les éléments étaient mieux exploités, l’écriture simpliste n’est pas adaptée à l’intrigue ni aux personnages. L’histoire met beaucoup trop de temps à s’installer, et les quelques révélations sont maladroites.


Sorti il y a quelque temps déjà dans une collection que j’affectionne, il m’avait fait de l’œil. Depuis, je l’avais un peu oublié mais, étant tombée dessus à la bibliothèque, j’ai saisi l’occasion de le lire. N’ayant pas d’attentes préalables, je ne peux pas dire avoir été déçue ; en tout cas, cette lecture ne m’a pas emballée. Loin de là même, puisque j’ai eu l’impression de ne pas avancer. Les pages se tournent vite mais il ne se passe rien... L’intrigue est basée sur la découverte des origines des personnages principaux, mais elle est statique, à huis clos pendant l’essentiel du roman. En tout cas, les découvertes ne sont pas suffisamment étonnantes pour rendre la lecture addictive. Pour preuve, l'extrait ci-dessus n'apparaît que dans la seconde moitié du livre...

En revanche, l’univers posé par ce livre est très intéressant. C’est un monde dystopique où des grandes compagnies commerciales, regroupant des grandes régions du monde actuel, définissent la politique du système. Et cela est très complexe. Trop complexe, car, par moments, certains éléments ne sont pas assez expliqués. Rien que la localisation géographique de certaines entreprises m’ont posé problème. Cela est vraiment dommage car, sur ce point, l’univers développé par les deux auteurs possédait un potentiel énorme !

Par contraste avec cela, le style d’écriture est trop simple. Cela rend la compréhension du livre (intrigue et univers) plus difficile, puisque les deux composantes principales de l’histoire ne coïncident pas. De plus, cela se reflète dans les caractères et comportements de personnages, âgés de quinze ans. Pourtant, ils agissent comme des personnes plus âgées tandis que leurs réflexions sont celles d’adolescents plus jeunes. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à m’attacher aux personnages, hormis peut-être paradoxalement à Léo, un androïde, car il garde une part de mystère, contrairement aux autres.

En somme, c’est une lecture très moyenne, alors que certains points auraient pu être développés différemment, d’une meilleure façon. En plus des révélations maladroites, le contraste entre univers complexe et écriture simpliste n’a vraiment pas été agréable.

mardi 30 mai 2017

[L'étagère dystopique] Partials t1 - Dan Wells

522 pages (Editions Albin Michel-Collection Wiz, existe en poche) - 4/5


2076. La guerre contre les Partials, ces êtres génétiquement modifiés, a décimé la quasi-totalité de la planète. Quarante mille humains survivent sur l'île de Long Island sous la férule d'un Sénat autoritaire tandis que le virus RM reste sans antidote. Les nouveaux-nés vivent moins d'une journée, si ce n'est quelques minutes. La population déjà très éprouvé est désormais traumatisée par la loi Espoir : toute jeune fille dès 18 ans, aura l'obligation de tomber enceinte.


Le combat de Kira Walker, étudiante en médecine, commence à cet instant. Ses ennemis ne sont pas les Partials mais le RM. Son obsession ne concerne pas la dérive fasciste du Sénat mais une folle hypothèse scientifique. Kira décide de suivre son intuition au risque de devenir une hors-la-loi ou que les Partials ne la tuent...


« Quoi que tu fasses dans ce monde, quoi que fasse n'importe qui, on n'est jamais prisonnier du destin. On fait ses propres choix, Kira, et il ne faut laisser personne t'enlever ça. »


En bref... cette lecture a été une agréable surprise : je m’attendais à quelque chose de plus compliqué, moins bien construit. Au final, j’ai réussi à m’attacher à cet univers et aux personnages, d’où je lirai volontiers la suite. Un livre que je conseille largement à tous les amateurs de dystopie !


J'ai laissé ce livre traîner longtemps dans ma PAL (obtenu le 1er janvier 2014) alors que je ne l'ai lu qu'en mai 2015. Pourquoi aussi longtemps ? Le fait que ce soit une dystopie -genre que je lisais presque exclusivement au moment où je l'ai demandé- et qu'un bandeau mentionnant « La dystopie la plus passionnante depuis Hunger Games ! » soit apposé dessus m'ont beaucoup attiré. Cependant, je dois avouer que le sujet traité dans le résumé paraissait très médical, ce qui n'est pas un domaine dans lequel je me sente forcément à l'aise. J'ai donc atermoyé ma lecture, je l'ai prêté entre deux à une amie qui m'a vivement incitée à le lire et je me suis donc lancée. Je dois vous avouer qu'à présent, je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt.

En effet, j'ai été plus qu'absorbée par l'histoire, dans ce monde dévasté par la guerre contre les Partials -sortes de robots humains, ou humains améliorés et dépourvus des faiblesses humaines- et le virus RM qui touche tous les bébés dès leur naissance. Pour lutter contre l'extinction prochaine de la race humaine, le gouvernement a mis en place différentes mesures de plus en plus extrêmes, dont la Loi Espoir obligeant toute jeune fille de 18 ans, voire moins par la suite, à tomber enceinte, dès qu'elle le peut, et aussi souvent que possible. Le contexte est posé et nous donne d'ores et déjà un aperçu de l'univers dystopique de cette fiction. Il n'y a aucun problème de compréhension, les différentes phases de la guerre contre les Partials sont bien expliquées, donc il est aisé de s'imprégner de l'atmosphère qui pèse sur l'île. C'est là qu'intervient la jeune scientifique Kira Walker, qui compte bien trouver un remède au virus, car elle ne veut pas tomber enceinte ; sa quête effrénée de l'antidote paraît donc légitime, et ne semble pas justifiée par la nécessité d'un "élément perturbateur", ce qui est tout à fait bienvenu. Kira part à la recherche de ce qui a causé l'arrivée du RM, à savoir l'interaction entre Hommes et Partials. En restant vague dans les détails, elle parvient à en ramener un, qu'elle utilise comme cobaye pour mener différentes expériences, avec des méthodes plus évoluées que celles que l'on connaît actuellement (le progrès médical s'est développé dans notre futur, c'est-à-dire leur passé). C'est à ce moment qu'intervient le plus le vocabulaire médical, j'avoue que j'ai dû recherché quelques termes, mais il reste tout de même très accessible : mes craintes les plus importantes ont donc été infirmées !

Cette dystopie propose donc un sujet original qui est très bien expliqué : dans ce genre littéraire, il est important de comprendre les origines du régime, et les différents éléments qui le rendent différent du monde pré-apocalyptique. L'introduction d'une intrigue plus médicale permet également de découvrir autre chose, et peut-être étendre le nombre de personnes qui seraient intéressées par ce livre (toutefois, je ne peux pas certifier que les hypothèses, puis les conclusions tirées sont probables, ou même vérifiables si les chercheurs disposaient d'un matériel scientifique plus élaboré). L'auteur fait également référence à René BARJAVEL, dans la traduction française, et son roman Ravage, que j'ai également lu ; j'avoue que les deux types de Ravage sont différents, mais ce n'est qu'un détail...

L'histoire met en scène de nombreux personnages, et on en découvre certains plus que d'autres. Notre héroïne, Kira, est assez attachante, car bien qu'ayant un fort caractère, certaines scènes ont prouvé qu'elle n'était pas dénuée de sentiments pour autant, notamment dans ses relations avec Samm -le Partial qu'elle a capturé- tout au long du livre. Tout comme dans sa personnalité, on ressent une évolution due à ses découvertes, et elle mûrit : si elle a pu me paraître obstinée et égoïste au début, mon avis a tout à fait changé au fil des pages. Samm est le personnage que j'ai le plus apprécié dans le roman, car bien qu'il n'ait pas toujours été forcément honnête, lui aussi change son comportement après sa rencontre avec Kira, et il paraît très humain pour un robot ; le point négatif est peut-être d'ailleurs qu'il est trop humain : il n'est pas censé s'attacher autant aux autres, et il semble trop gentil. J'ai également beaucoup aimé Jayden, ami de Kira et frère biologique de la sœur adoptive de la jeune fille -cela paraît compliqué, mais tout est expliqué dans la première partie. Sa personnalité est réellement attrayante, il veut avant tout protéger ceux qu'il aime, mais il fait aussi admirablement bien son travail (sauf quand Kira s'en mêle). Bien qu'au début j'ai pensé qu'une relation plus qu'amicale allait les lier, c'est un lien fraternel qui les unit, et il faut avouer que cela suffit dans l'histoire. Les sœurs adoptives de Kira -Madison, Xochi et Isolde- sont très différentes, mais le principal est, n'ayant pas d'opinion définie sur elles, qu'elles ne sont pas détestables (encore heureux puisqu'on les retrouve très souvent dans le livre). Enfin, le dernier personnage majeur est Marcus, le fiancé de Kira ; je n'ai pas réellement apprécié sa personnalité, ni ses choix : malgré son instinct de protection pour Kira, son comportement est parfois simplement égoïste, et cette dystopie montrant plutôt une aventure collective, cela apparaît comme déplacé de sa part ; j'avais l'impression qu'il montrait à travers certaines réactions des faiblesses de caractère. Les personnages secondaires sont principalement les membres du gouvernement, plus détestables les uns que les autres, mais ils remplissaient ainsi bien leur rôle de "méchants".

Le point le plus négatif de cette lecture -car, bien que ma chronique ait plutôt tendance à encenser le livre, il y en a !- est la vision assez manichéenne de l'île, proposée dans cette dystopie : les bons sont le groupe de Kira, qui partent à la recherche d'un remède, pour sauver le monde, tandis que les mauvais sont tous ceux qui s'opposent à eux, à savoir les instances du gouvernement, leur hiérarchie, et les Partials qui sont de l'espèce ennemie. En effet, le roman présente des situations peu nuancées et on retrouve constamment cette opposition entre un bon groupe et un mauvais. Le seul élément du livre que je ne suis pas parvenue à "classer" est le groupe d'opposition au gouvernement, appelé la Voix du peuple ; principalement composé d'anarchistes et de rebelles, toute une intrigue est développée en parallèle autour de leur fonctionnement et agissements supposés, car on a peu de certitudes à leur sujet. Et a priori placé comme détracteur et donc à l'encontre de l'action des protagonistes, les quelques informations que l'on a sur lui démontrent plutôt le contraire. Il serait donc intéressant de voir comment cette organisation sera utilisée dans les autres tomes de la trilogie.

Le livre est divisé en trois parties, qui traite chacune d'une phase de l'histoire. J'avoue avoir préféré la deuxième partie, car la première présente quelques longueurs qui ont ralenti ma lecture -sûrement en raison de la pose de l'univers, et de la mise en place de l'intrigue- et qui, je dois l'avouer, ne m'ont pas incitée à rester longtemps plongée dans le livre. Une fois cette partie passée cependant, les rebondissements sont présents ; néanmoins, on retrouve à plusieurs reprises quelques baisses d'activité dans l'intrigue, et des révélations parfois trop ponctuelles. Chaque partie pourrait presque être lue indépendamment (bon, pas tout à fait puisque sont tout de même nécessaires à connaître certaines découvertes). L'écriture n'a pas joué un rôle particulier dans ma lecture, ni remarquable, ni rebutante, de même que la fin : elle laisse sur une note de suspense, et ouvre sur une nouvelle intrigue, une nouvelle quête, mais l'attente n'en est pas intenable, elle suscite juste la curiosité. Cette lecture n'en reste pas moins largement agréable, notamment par l'attrait de l'univers, et j'en lirai volontiers le deuxième tome. Cependant, il est impossible de comparer Partials avec Hunger Games pour la simple et bonne raison que bien que ce soient toutes deux des dystopies, les sujets traités ne sont pas les mêmes, ni les univers.

lundi 29 mai 2017

[L'étagère dystopique] Ravage - René Barjavel

355 pages (Editions Folio plus classiques) - 3/5

Dans une société futuriste, une panne d'électricité provoque le chaos général : les villes sont désorganisées, les moyens de transport, entre autres technologies, ne sont plus utilisables et les habitants ont perdu tout repère. Afin de protéger sa bien-aimée, François Deschamps décide de fuir Paris et prend la tête d'un groupe de résistants pour tenter de regagner son village natal, Vaux, mais leur périple ne se déroulera pas sans problème.


« Je ne vous demande pas d'oublier nos morts, mais de penser d'abord à vous et à vos camarades vivants. Nous reprendrons le souvenir de ceux tombés en cours de route quand nous aurons atteint le but. »


En bref... malgré ses défauts, ce livre m’a fait voyager dans un Paris futuriste que j’ai aimé découvrir. Si l’écriture de Barjavel m’a parfois posé problème, j’ai adoré pouvoir replacer le livre dans son contexte d’écriture, et donc trouver des références à d’autres œuvres de l’époque.


Mon avis est quelque peu mitigé sur ce livre. L'histoire ne m'a pas tellement plu, mais en revanche, j'ai beaucoup aimé les différentes images évoquées dans ma lecture. En effet, différents passages m'ont fait pensé à d'autres livres, dont je vous reparlerai après. Tout d'abord, j'ai été incitée à lire ce roman dans le cadre d'une séquence sur l'utopie et la contre-utopie en littérature, et il est vrai que l'on retrouve ces deux formes de sociétés dans l'œuvre.

La société présentée dès le début du roman témoigne bien d'un univers dystopique : une nouvelle société issue du progrès technologique a permis de développer de nombreux outils permettant d'épargner aux Hommes le moindre dérangement, et faciliter leur vie ; tout repose sur l'électricité, de l'eau courante aux fermetures des vêtements, en passant par les armes et évidemment les moyens de transport. J'ai beaucoup aimé découvrir Paris sous cet aspect, la société est réellement bien développée et novatrice (je pense aux Conservatoires qui permettent de maintenir les morts en "activité") et les descriptions m'ont vraiment permis de me représenter précisément les reliefs de la ville (bien que certains faits "prédits" par l'auteur ne se soient pas réalisés). Dans le roman divisé en quatre parties, cela représente la première, intitulée "Les temps nouveaux", ce qui, vous pouvez vous en douter, est très bien choisi. La deuxième partie "La chute des villes" traite des conséquences de la dépendance des villes à l'électricité, puisque le principal événement perturbateur est la panne d'électricité qui entraîne un "retour aux sources", auquel sont peu habitués les Parisiens, et les citadins en général. On découvre également la formation du groupe qui va partir à l'aventure avec François, et le début de leur fuite jusqu'à la forêt : je dois avouer que cette partie est extrêmement longue (je dirais la moitié ou presque du roman), et elle a rendu ma lecture quelque peu laborieuse. La troisième partie "Le chemin des cendres" raconte la fin de leur périple, et montre leurs grandes difficultés à survivre. Ce passage est plutôt intéressant, mais je me suis demandée pourquoi Barjavel avait séparé cette partie de la précédente, les deux traitant de leur fuite vers le Sud et ne marquant pas de rupture particulière entre les deux. Enfin, la dernière section du roman "Le patriarche" est celle que j'ai préférée avec la première, car elle montre la création d'une société utopique autour d'un chef, François. Les deux parties que je viens de citer sont donc comparables, dans le sens où un parallèle intéressant est dressé entre les deux modes de vie opposés : les valeurs prônées vont à l'encontre de la mécanisation et vantent les mérites du travail manuel.

A présent que je vous ai présenté les différentes parties du roman, vous comprendrez mieux en quoi elle m'ont fait pensé à d'autres références littéraires ou historiques : prenons tout d'abord la seconde section, qui montre donc un groupe se former pour lutter contre le mal présent partout ; pendant un long moment, cela m'a fait penser au groupe formé autour du docteur Rieux dans La Peste d'Albert CAMUS, publié en 1947, mais la Résistance de Camus est mieux développée, et le groupe contient des personnalités plus différentes, et plus intéressantes. L'aventure collective qui se poursuit durant la suite du livre a fait perduré cette référence, mais introduit également le même voyage initiatique que celui de Candide dans le roman d'apprentissage éponyme de Voltaire au XVIIIème siècle, avec les nombreuses péripéties et la succession d'obstacles... Comme dans Candide, certaines actions étaient plutôt précipitées, et auraient mérité d'être plus développées, ou à défaut plus espacées : j'ai eu l'impression qu'il n'y avait que de l'action et des malheurs, regroupés sur environ 180 pages ! L'arrivée dans le village paisible et la fondation d'un nouveau mode de vie a évoqué Gargantua de Rabelais, écrit au XVIème siècle, et l'utopie de l'Abbaye de Thélème à la fin du roman : de la même façon que le géant rabelaisien, François crée une société nouvelle où l'harmonie règne pour le bien de tous. Les valeurs qui y sont défendues ne sont pas sans rappeler celles du régime de Vichy durant la Seconde Guerre Mondiale avec la devise "Famille, Travail, Patrie" : cela s'applique très bien à Vaux, puisque le but de François est de repeupler la France et même le monde, en prenant plusieurs épouses et en donnant des centaines d'enfants ; chaque famille doit cultiver la terre, et mener des activités manuelles. Le partage collectif des richesses m'a également fait penser au communisme et à la collectivisation en URSS, d'ailleurs évoquées dans La Ferme des animaux de George ORWELL en 1945... Vous l'aurez compris, ce livre est riche en connotations, mais peut-être était-ce fait exprès par Barjavel ? En effet, en observant la date de publication de Ravage, on se rend compte que 1943 voit cette contre-utopie paraître en pleine Seconde Guerre Mondiale. Il est donc légitime de retrouver des allusions au contexte historique de l'époque : le dossier d'Yves ANSEL qui suit le roman (275 pages) dans mon édition (355 pages) développe d'ailleurs certains rapprochements avec le régime de Vichy et Pétain... Cependant, La Ferme des animaux et La Peste sont postérieurs à Ravage, dans ce cas, sont-ce Orwell et Camus qui se seraient inspirés de Barjavel ?

Dans cet univers apocalyptique est toutefois développée une intrigue secondaire présente uniquement dans la première partie du livre : le triangle amoureux. En effet, François, tout d'abord dans son village natal, a hâte de revoir à Paris sa fiancée -même si ce n'est pas officielle- également courtisée par le directeur d'une importante chaîne de radio à Paris, Jérôme Seita. Alors que ce genre de configuration a tendance à m'agacer, le triangle est tellement éphémère dans ce roman que j'en suis venu à le regretter, car, par la suite, on ne retrouve pas de réelle intrigue amoureuse, et Blanche -la jeune femme disputée- prend une place secondaire dans l'intrigue. François Deschamps est le premier personnage que l'on rencontre. Je n'ai pas vraiment apprécié son caractère, trop autoritaire à mon goût, alors qu'il est censé incarner l'homme parfait, ou du moins exemplaire. Jérôme Seita au contraire m'a été beaucoup plus amical, même si son rôle dans le roman ne le met pas forcément en valeur. Blanche Rouget est quelque peu naïve, mais pas très présente dans la plus grande partie du livre. Enfin, les autres membres de l'expédition sont banals et presque stéréotypés.

Quant à l'écriture de Barjavel, je regrette les longueurs de la deuxième partie, et la précipitation des rebondissements -oui c'est paradoxal !-. C'est donc un livre que j'ai plutôt apprécié pour les deux univers créés au début et à la fin du roman, mais je ne me suis pas particulièrement attachée à l'histoire en elle-même, ni aux personnages, ce qui a rendu ma lecture très laborieuse.