mercredi 11 avril 2018

[L'étagère à univers] Ash & Vanille t1 : Les Guerriers du Lézard - Sosthène Desanges

450 pages (Les Trois Chouettes éditions) – 3.5/5


Dernier d'une famille décimée, vivant à l'écart dans une tribu maudite, Ash décide de fuir le mariage auquel on le destine. Il quitte son clan et s'enfonce dans la forêt.

Mais que faire quand on a des ennemis terribles sur sa route, qu’on n’est pas encore vraiment un homme et qu’on commet l’erreur de s’encombrer de compagnons bizarres ? Et surtout faut-il accepter la proposition de cette Vaaï prénommée "Vanille" ?

Nul n'imagine alors dans quelle effroyable bataille ce pacte insensé va tous les jeter !

Ash & Vanille est un roman d’aventure qui prend sa source dans une Océanie imaginaire, un monde insulaire au-delà du temps, peuplé de vahinés, d’oiseaux incroyables, de légendes puissantes, de terreurs primitives et de tribus sauvages. Un Eden dangereux qui a pour héros un cannibale de quinze ans.


« Cela dépend de la façon dont on regarde les choses.
En général, les gens ne savent regarder qu’avec les yeux de leur tête. »


En bref... l’univers très original de ce roman m’a transportée à l’autre bout du monde dans des aventures parfois trop excentriques mais qui ne manquent pas de piquant !



J’ai eu l’occasion de découvrir cet univers grâce à l’auteur et à la plateforme SimPlement.pro. J’avoue que c’est la couverture qui m’a d’abord attirée (les couleurs sont vives et donnent envie de plonger dans le roman). Mais le résumé était également très prometteur, et je n’ai pas été déçue. Je présente mes excuses à l’auteur pour le temps que j’ai mis à publier cette chronique ; ma lecture m’a pris plus de temps que prévu en raison de ce dont je vais vous parler par la suite.

Mais tout d’abord, c’est de l’univers que je veux traiter en premier : c’est un concentré de créativité, d’originalité et d’imagination ! Sur un archipel, différents clans se partagent un bout de territoire. Les clans et leurs caractéristiques respectives sont bien présentés, certains enjeux de l’intrigue en apparence vite soulevés. Cependant, au bout de quelques pages, j’ai eu du mal à me rappeler qui appartenait à quel clan –mémoire de poisson rouge, me direz-vous. Une chose à savoir est que l’univers est inspiré des peuples de guerriers/chasseurs-cueilleurs-pêcheurs d’Océanie, du Pacifique (du moins, selon la représentation que je m’en fais, un peu dans le style de Vaiana) : c’est un élément qui m’a beaucoup plu, car c’est une partie du globe trop délaissée en littérature, et cela a apporté quelque chose de nouveau.

Avec tous ces peuples se développe une culture différente, basée sur une religion à part entière et un vocabulaire spécifique. Certains mots (précisés en italique) désignent des éléments de l’univers (animaux, outils, plantes) d’une façon différente de celle dont nous les appelons, et si j’ai apprécié cette démarcation, j’ai parfois eu du mal, à défaut de trouver une équivalence parfaite, à me donner une représentation de ce qui était désigné. Pour cette raison, je pense qu’un glossaire, un lexique en fin de roman aurait été le bienvenu.

Dans tout cela s’inscrit une intrigue qui commence également de façon originale. J’ai trouvé la base de l’intrigue, le contexte, très bon : dans ce village, les femmes viennent à manquer, à cause d’une malédiction qui pèserait sur le village et empêcherait la naissance de femmes. Le personnage principal, seul descendant d’un des clans, part dans une quête pour mettre fin à la malédiction et, pour cela, s’accompagne d’un masque réputé pour abriter l’esprit d’un des plus grands guerriers que le clan ait connu, Tarsham.

Toutefois, au fur et à mesure du livre, d’autres intrigues apparaissent : il faut avouer que les rebondissements ne manquent pas et l’on ne s’ennuie pas. Et en même temps, c’est ce qui m’a posé problème et a ralenti ma lecture : à partir d’un moment, j’ai été perdue. J’avais presque oublié le nœud du roman, l’enjeu de l’intrigue et l’objet de la quête des personnages (car évidemment, le protagoniste fera la rencontre d’autres personnages). J’ai donc trouvé que le roman partait un peu trop dans tous les sens, comme s’il y avait plusieurs romans en un seul. Cependant, chaque intrigue prise indépendamment m’a bien emportée et m’a beaucoup plu.

J’ai également apprécié les thèmes abordés ponctuellement au cours du roman : la réécriture de l’Histoire par les vainqueurs, les tentatives de conquête des peuples plus « cultivés » sur les peuples moins « évolués », la découverte de son identité et d'une autre civilisation, et bien d’autres encore. En tout cas, cela ajoute de la profondeur à l’intrigue et au roman dans son ensemble.

La bande de personnages récurrents est très sympathique, joyeuse. Ash m’a paru trop naïf et pas forcément très intéressant, même s’il est vrai que c’est par ses yeux et son ignorance que l’on découvre le monde. Tarsham est un personnage original, qui m’a tantôt agacée, tantôt intriguée. En revanche, j’ai adoré les autres personnages : Boulba, à la fois drôle et touchant ; Vanille, forte mais que j’ai l’impression de ne pas vraiment connaître (et j’espère qu’elle sera davantage présente par la suite, surtout que son nom figure dans le titre de la saga) ; Méduse est le personnage que j’ai préféré : elle est très mystérieuse et en dévoile suffisamment assez pour attiser ma curiosité !

C’est donc un roman qui m’a fait beaucoup réfléchir, à la fois pour être sûre de tout comprendre lorsque l’intrigue me rendait confuse, mais aussi par tout ce qui était évoqué sans être dit dans le roman. Si la suite ne reprend pas ces éléments (en ajoutant notamment un glossaire), elle sera très prometteuse ! Encore merci à l'auteur, Sosthène Desanges, et à la maison d'édition, Les Trois Chouettes, de m'avoir permis de découvrir ce premier tome !!


Retrouvez Ash & Vanille ici :







2 commentaires:

  1. Bonjour,
    Je tiens particulièrement à remercier L'Étagère Éphémère pour cette chronique. Ses remarques sont pertinentes et prennent vraiment le temps de s’interroger sur ce qui lui a plu et ce qui l'a gênée. Je sais que ce premier tome l'a fait beaucoup hésiter (et je suis heureux de son verdict final... le suspens était insoutenable :).
    La question du glossaire s'est posée au moment de la première publications effectivement... Il y avait beaucoup de termes que je voulais absolument conserver dans les langues océaniennes car ils apportaient une sorte de musique à cet univers. Il y avait beaucoup de mots inventés aussi. J'ai préféré ne rien expliquer (c'est moins confortable pour le lecteur, mais cela laisse aussi plus de terrain à l'imaginaire... Le merveilleux est la chose que je recherche le plus dans l'écriture, et le merveilleux se nourrit de vide).
    Et puis il n'y a pas d'aventure qui ne se mérite :)

    Merci encore pour cette très belle chronique.

    Sosthène DESANGES

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    Réponses
    1. C'est là un message bien touchant, merci !
      C'est en effet un choix tout à fait fondé (même si je maintiens que tout n'est pas évident à assimiler).

      Merci à vous de m'avoir donné l'occasion de découvrir votre univers.
      A bientôt.

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