dimanche 10 septembre 2017

[L'étagère dramatique] Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal

205 pages (Editions Sarbacane) - 4/5


Matt a un projet fou : refaire avec son grand-père Gary la tournée d’un crooner mythique des années 50, Pat Boone. Un road-trip pour rattraper au vol les souvenirs qui s’échappent…

Mais rien ne se passera comme prévu ! Peu avant le départ, Matt apprend qu’il est le père d’une petite Amber de 18 mois – et qu’il doit s’en occuper pour quelques semaines. À l’aéroport, une tornade s’annonce : les avions ne décollent plus. Matt, Gary et le bébé grimpent à bord d’un van de location… et, ultime surprise, deux personnes les rejoignent : Luke, ado en fugue, et Antonia, trentenaire prête à changer de vie.

Tous ensemble, ils font cap vers l’Ouest du pays. Arizona, Californie, Nevada, sur la piste du passé, des souvenirs et autres histoires bien vivantes. On les suit, d’étape en étape, tandis qu’ils commencent à former une tribu bancale, une petite famille folle et joyeuse, réunie autour de Gary.


« On a tous laissé quelque chose en partant. Toi, gamin, t’as laissé quoi derrière toi ? »


En bref... la lecture de ce livre m’a fait du bien. L’histoire est pleine d’espoir, les personnages sont attachants et certaines phrases m’ont collé les frissons et la larme à l’œil. Alors même si ce n’est pas un grand coup de cœur pour quelque chose de transcendant, je me souviendrai de la douceur avec laquelle le livre m’a transportée dans un ailleurs plus beau que la réalité.


Même si ce livre est axé jeunesse, tout le monde est capable d’apprécier la couverture, à la fois élégante et pleine de douceur. Le titre aussi provoque le même effet ; rien que ça, et je ressens déjà les ondes feel-good du livre. Cela se confirme par la lecture de ce petit livre – lecture rapide au vu de la longueur, mais qu’il vaut mieux faire prolonger pour l’apprécier pleinement.

Si l’intrigue n’est pas trépidante (il ne se passe pas grand chose à vrai dire, si ce n’est les étapes de leur road trip), l’intérêt du livre se comprend par les personnages et les changements que la rencontre provoque en eux et entre eux. Certaines scènes sont en effet touchantes ; cela passe souvent par des petites phrases distillées ici et là dans le livre et qui sont BOULE-VER-SANTES ! Et, les trois quarts du temps, elles concernent les relations entre les personnages.

La fin m’a partiellement surprise ; elle est logique, elle pouvait être envisagée, mais je ne pensais pas que l’auteur opterait pour un tel dénouement. Après coup, on se rend compte qu’elle est parfaite pour garder cette douceur et le bien-être que cette lecture procure. Egalement, on peut mentionner la morale du road trip, qui m’a beaucoup fait rire : ne jamais idolâtrer quelqu’un que l’on ne connaît pas réellement !

Mais, ce qui m’a le plus émue est le chemin intérieur que chaque personnage parcourt, dont le road trip est la métaphore. Chaque personnage a une histoire unique, mais tous vont changer suite à leur aventure collective. Je serais incapable de vous dire quel personnage m’a le plus touchée ; je pense que cela se joue plutôt en groupes. Matt et sa fille sont mignons ensemble ; même s’il débute le livre, il n’est pas très présent dans le reste de l’intrigue. En revanche, sa relation avec Gary est extra : malgré la maladie, Gary semble toujours aussi proche de Matt. On en arrive alors aux deux relations que j’ai préférées ! D’abord, Luke et Antonia : j’ai beaucoup aimé la façon dont ils se comprennent sans trop se parler, dont ils semblent complémentaires. Les deux sont différents, et pourtant ils transmettent des émotions chaleureuses. Ensuite, Luke et Gary est probablement mon duo préféré : Luke est comme le petit-fils spirituel de Gary et, même si l’on sent bien que Matt est vraiment de la même famille que Gary, lui est plus familier, Gary souhaite sincèrement aider Luke à se trouver lui-même.

Un thème essentiel du livre est la maladie d’Alzheimer. On connaît les ravages qu’elle peut faire, ainsi que les différentes façons dont elle peut affecter les individus. Chez Gary, on la perçoit progressivement au fil des pages ; elle est abordée de façon réaliste, étant ainsi au cœur des scènes les plus dures et les plus dramatiques. Malgré cela, j’ai aimé la façon dont le sujet est traité. Alors que, dans la plupart des livres abordant la maladie, le thème est dramatisé, ce petit livre donne espoir ; surtout, il incite à ne jamais perdre espoir, car, comme Gary, on reste toujours maître de son destin.

Enfin, le dernier point dont je souhaite parler est le style d’écriture. J’avoue ne pas avoir été emballée au début, parce qu’il faut savoir que c’est un style indirect libre et que le récit est narré à la troisième personne ; les deux combinés, je n’aime pas tellement. Puis, à partir du moment où, dans certains passages, les mots ont été vecteurs d’une telle quantité d’émotions, je n’ai pu qu’accepter le fait que le style d’écriture colle parfaitement à l’histoire et à sa douceur : laissez-vous transporter par cette lecture !

4 commentaires:

  1. J'adore les romans de cette maison d'édition, et j'espère avoir l'occasion de lire celui-ci, je ne lis que de beaux avis :3

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    1. Les couvertures sont magnifiques, et leur catalogue est assez diversifié, donc c'est intéressant !

      J'espère aussi que tu en auras l'occasion, car il vaut vraiment le détour !

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  2. La couverture m'attire vraiment donc pourquoi pas ^^

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    1. Je te le conseille ! Ce livre est aussi beau par son design que par son contenu ;)

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